Comment Keller-Sutter et Amherd se sont imposées

Conseil fédéralJusqu’à la double élection de ce mercredi matin, la candidate PLR saint-galloise et la PDC valaisanne ont fait la course en tête.

Karin Keller Sutter et Viola Amherd sont données favorites dans la course au Conseil fédéral.

Karin Keller Sutter et Viola Amherd sont données favorites dans la course au Conseil fédéral. Image: Keystone

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La messe est-elle déjà dite pour le Conseil fédéral? Tout indique en tout cas que la sénatrice Karin Keller Sutter (PLR/SG) et la conseillère nationale Viola Amherd (PDC/VS) seront élues mercredi par l’Assemblée fédérale. Il y avait encore mardi matin un petit suspense au PDC concernant l’outsider Heidi Z’graggen (UR), qui tentait une remontée. Las. Le PLR a douché ses espoirs lors des dernières auditions tenues par les partis. Il ne se prononce pas clairement pour l’une ou l’autre des candidates. Ce qui signifie une victoire quasi assurée pour Amherd, qui bénéficie d’un soutien massif de la gauche et qui a limité les dégâts à l’UDC.

Des surprises sont-elles encore possibles? Il n’est pas exclu qu’un candidat sauvage – le président du PDC Gerhard Pfister ou le chancelier de la Confédération, Walter Thurnherr – obtienne une poignée de voix au premier tour pour pimenter l’élection du successeur de Doris Leuthard. Passé ce frisson, tout devrait rentrer dans l’ordre. Viola Amherd devrait être élue au deuxième ou au troisième tour.

Suivra ensuite la désignation du successeur de Johann Schneider-Ammann. Une affaire qui devrait être menée tambour battant. On prédit sous la Coupole une élection au premier tour de Karin Keller-Sutter qui engrange des voix à tour de bras. La Saint-Galloise qui avait échoué en 2010 est en passe de prendre une belle revanche sur son destin.


La revanche de la favorite

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Qui sinon elle? Depuis le jour où Johann Schneider-Ammann a annoncé sa volonté de se retirer, il y a un nom qui revient sur toutes les lèvres: Karin Keller-Sutter. La Saint-Galloise candidate malheureuse en 2010 est en passe de vaincre le signe indien. Son élection mettrait fin au destin maudit des candidates PLR et permettrait de surpasser le traumatisme de l’affaire Elisabeth Kopp, l’unique conseillère fédérale PLR, poussée à la démission pour une affaire de délit d’initiée. Karin Keller-Sutter est à ce point favorite que les questions qui se posent aujourd’hui sous la Coupole sont les suivantes: sera-t-elle élue au premier tour? Réalisera-t-elle l’exploit de dépasser les 200 voix? Certains ne souhaitent pas lui faire cet honneur. La déclaration des Vert’libéraux la semaine passée montrait cette hésitation. «Sur nos thèmes – écologie, société libérale, finances et économie, et ouverture avec l’Europe –, le ticket PLR ne nous a pas convaincus», affirmait Tiana Moser, cheffe du groupe Vert’libéral, avant d’annoncer ce mardi que le groupe voterait pour elle. «J’hésite à la voter au premier tour, confie aussi un élu socialiste. Je ne veux pas qu’elle soit élue dans un fauteuil.» Reste que le PS roule pour elle, même s’il ne donne pas de mot d’ordre. «C’est évident, confie un sénateur. Elle est compétente et en plus c’est une femme.» Karin Keller-Sutter aura aussi les voix des Verts pour la même raison, et celle du PBD «qui veut que la Suisse orientale soit à nouveau représentée». Elle dispose enfin d’un soutien massif au sein de son propre parti et même l’UDC – parti qu’on lui disait le plus hostile – a appelé à voter en sa faveur la semaine passée. Le suspense n’existe tout simplement pas. Et ce n’est pas la liberté de vote laissée par le PDC, qui va changer quoi que ce soit. Pour s’imposer, la sénatrice a pu profiter de son expérience, mais aussi du fait que son concurrent n’a jamais fait le poids. Mercredi, le sénateur Hans Wicki (NW) ne glanera que quelques voix éparses.


L’avantage d’appartenir au sérail

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Viola Amherd a désormais un pied au Conseil fédéral. La conseillère nationale PDC a pourtant commencé la course dans les pires conditions puisqu’elle souffrait d’un calcul rénal. Puis ont éclaté dans la presse des petites affaires d’argent en lien avec son étude de notaire et ses biens immobiliers. La Valaisanne s’est accrochée et a passé l’obstacle. Elle n’a jamais été vraiment en danger dans son rôle de favorite qui lui a été attribué dès le début. Elle s’est imposée facilement en tête du ticket PDC, éliminant au passage le sénateur Peter Hegglin (ZG). Pendant quelques jours, on a pensé que sa concurrente surprise, la conseillère d’État Heidi Z’graggen (UR), pouvait lui faire de l’ombre.

Positionnée plus à droite, elle était susceptible de plaire à l’UDC et au PLR, deux grands groupes de l’Assemblée fédérale. Amherd a senti le danger. Sachant qu’elle avait les voix de gauche dans son escarcelle grâce à son positionnement social, elle est partie chasser à droite. Avec succès. Elle a convaincu les paysans de l’UDC de voter pour elle. Mais son plus beau coup a été réalisé mardi au PLR. Bien que le parti n’a rien communiqué officiellement, des élus nous ont confirmé qu’elle avait fait une très bonne impression. Et pas seulement, comme on l’entend dans tous les partis, parce qu’elle est du sérail et qu’elle connaît bien les dossiers fédéraux. «J’ai découvert une autre Amherd. Pas une personne en retrait mais quelqu’un d’assuré avec le format d’une conseillère fédérale», décrit un PLR. Z’graggen, qui aurait dû faire le show pour compenser ses lacunes bernoises, était apparemment crispée. «Selon moi, deux tiers du PLR devrait désormais voter pour Amherd», tranche un élu. Même avec 50%, c’en est déjà fini pour Z’graggen. Verts, Vert’libéraux et PBD ont dit qu’ils voteraient pour Amherd. Ils la trouvent plus convaincante sur le dossier européen. Pour des raisons tactiques, le PS reste muet jusqu’à mercredi. Mais la quasi-totalité de ses voix iront à la Valaisanne.

Et comme le PDC votera aussi majoritairement pour elle, on se dit que les carottes sont cuites pour Z’graggen.

Les Valaisans peuvent donc mettre la petite arvine au frais. Ils sont sur le point de pouvoir fêter leur première conseillère fédérale de leur histoire. Croisée dans les couloirs du Palais mardi matin, Brigitte Hauser-Süess, la responsable de la communication d’Amherd, arborait un sourire carnassier. Sa candidate est-elle déjà élue? Elle s’en défendait: «Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.» (24 heures)

Créé: 04.12.2018, 22h02

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