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Léonard de Vinci au Tessin: authenticité controversée

L'authenticité d'une peinture de Léonard de Vinci, retrouvée lundi à Lugano (TI), est au centre d'une controverse.

L'oeuvre attribuée à Léonard de Vinci découverte au Tessin.
L'oeuvre attribuée à Léonard de Vinci découverte au Tessin.
POLICE CANTONALE DU TESSIN

Plusieurs experts ont exprimé leur scepticisme, à l'instar de l'historien de l'art Carlo Pedretti. Le procureur italien a fait appel à ce spécialiste de la Renaissance pour tenter de trancher.

Carlo Pedretti a consacré une grande partie de sa carrière à travailler sur Léonard de Vinci, notamment comme chercheur à l'Université de Californie (UCLA). Le procureur italien de Pesaro (I) a fait appel à lui pour qu'il identifie ce portrait d'«Isabella d'Este» comme une peinture de Léonard de Vinci.

La toile a été saisie lundi à Lugano après que le procureur de Pesaro a transmis une demande d'entraide judiciaire aux autorités tessinoises. Sept personnes font l'objet d'une enquête en Italie après cette découverte, dont la propriétaire du portrait, une veuve de 70 ans originaire de Pesaro.

Valse-hésitation

Carlo Pedretti a déclaré mercredi à l'agence AP qu'il avait examiné la peinture «il y a plusieurs années» en Suisse. La demande émanait d'un avocat représentant les propriétaires, a-t-il avancé. À l'automne 2013, le magazine Sette du Corriere della Sera a publié un article qui suggère que l'Italien a identifié la toile comme une oeuvre de Léonard de Vinci.

Il serait faux d'affirmer que l'on peut clairement attribuer la toile au maître de la Renaissance, a dit l'Italien à AP. Il est en revanche tout à fait vraisemblable que cette toile ait été peinte à l'époque de Vinci, même si quelques détails y ont été ajoutés ultérieurement.

Un comité d'experts internationaux doit maintenant se mettre au travail. Il se pourrait au final que seules quelques parties de la toile aient été peintes par la main du maître.

Une toile et plusieurs artistes?

L'assemblage de motifs de différentes oeuvres de de Vinci ne parle pas en faveur de l'authenticité de l'oeuvre, a déclaré Klaus Albrecht Schröder, directeur du Musée de l'Albertina de Vienne, mercredi à l'agence dpa. «Il y a tellement de motifs de de Vinci sur cette toile, comme si le copiste en avait trop fait», a déclaré l'expert de l'art.

Cela n'ébranle pas les convictions du procureur italien. «Nous sommes convaincus qu'il s'agit d'une authentique oeuvre d'art de l'époque de Léonard. Il est toutefois possible - et les dernières expertises devront encore le démontrer - que Léonard n'ait réalisé qu'une partie de la peinture elle-même et que le reste ait été achevé par ses étudiants», a dit vendredi à l'ats le procureur italien à Pesaro, Manfredi Palumbo.

Envoi en Italie attendu

La poursuite de ces tests ne pourra être effectuée que lorsque la peinture aura été livrée à l'Italie. «Comme deux pays sont impliqués dans l'enquête, cela pourra prendre quelques mois jusqu'à ce que la peinture parvienne en Italie», a relevé Manfredi Palumbo.

L'accusation d'exportation illégale d'art doit être évaluée indépendamment de l'authenticité de la peinture. Selon une loi italienne sur les biens culturels, qui date de 2004, des oeuvres d'art qui ont plus de 50 ans doivent expressément être déclarées à l'exportation. Or cette peinture saisie à Lugano ne possède aucune déclaration, selon le procureur.

Les enquêteurs estiment que la toile a été transférée illégalement en Italie il y a quelques années - peut-être une dizaine. Interrogée par des juges en octobre 2014, sa propriétaire a toutefois affirmé aux juges que le tableau «a toujours été en Suisse», puisqu'il aurait appartenu à sa grand-mère, «qui vivait là», selon le journal Il Resto del Carlino.

(ats)

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