Une «lex Maudet» encadrera le futur conseiller fédéral

Succession de Johann Schneider-AmmannLe PLR demandera à ses candidats au Conseil fédéral de déclarer leurs voyages et leurs cadeaux problématiques.

«Je ne suis pas candidate au Conseil fédéral pour cette élection. Je l’ai déjà dit et je tiens parole. La crédibilité et la fiabilité sont des valeurs essentielles en politique» Petra Gössi, présidente du PLR Suisse. «Il y a un besoin évident de transparence totale, relayé par les médias. Nous attendons des candidats au Conseil fédéral qu’ils dévoilent d’éventuels cadeaux ou voyages litigieux, Christian Lüscher», vice-président du PLR Suisse.

«Je ne suis pas candidate au Conseil fédéral pour cette élection. Je l’ai déjà dit et je tiens parole. La crédibilité et la fiabilité sont des valeurs essentielles en politique» Petra Gössi, présidente du PLR Suisse. «Il y a un besoin évident de transparence totale, relayé par les médias. Nous attendons des candidats au Conseil fédéral qu’ils dévoilent d’éventuels cadeaux ou voyages litigieux, Christian Lüscher», vice-président du PLR Suisse.

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«À poil, tout le monde à poil. Les petits, les grands, les bons, les méchants.» Cette vieille chanson de Pierre Perret peut parfaitement s’appliquer à la nouvelle procédure d’examen du PLR pour ses candidats au Conseil fédéral. Le parti veut tout savoir sur les petits secrets de ses poulains afin d’éviter toute mauvaise surprise quand ils seront lâchés sur la place publique et dans l’arène fédérale. Sans le dire explicitement, le parti tire les leçons de l’affaire Maudet. Son voyage à Abu Dhabi et ses cadeaux problématiques auraient eu des conséquences graves pour l’image du parti suisse s’il avait été élu au gouvernement fédéral.

Petra Gössi, la présidente du PLR, a mis les points sur les i mercredi après-midi. Pour désigner le successeur de Schneider-Ammann, le parti «va serrer la vis». Il exigera des candidats «une réputation irréprochable dans la vie politique, professionnelle et privée». Deux mesures sont ajoutées au scanner habituel. Un, le candidat devra s’engager par écrit à collaborer activement avec la commission d’examen pour faire toute la transparence sur d’éventuels problèmes. Deux, si la commission tombe sur un os, elle pourra aller chercher des informations auprès de tiers (pouvoirs publics, privés). Cette démarche se fera bien sûr sous réserve de l’accord du principal intéressé. Mais si ce dernier refuse, on peut imaginer que sa candidature aura méchamment du plomb dans l’aile.

La sphère privée se rétrécit

Le vice-président Christian Lüscher ne trouve pas ce strip-tease problématique pour la vie privée. «Quand on est candidat au Conseil fédéral, et je l’ai vécu moi-même, la sphère privée se rétrécit. Et quand on est élu, elle disparaît.» Demandera-t-on aux candidats s’ils ont effectué des voyages problématiques ou s’ils ont reçu des cadeaux indus? «Oui, répond Lüscher. Il faut vivre avec son temps. Il y a un besoin évident de transparence totale, d’ailleurs relayé par les médias. Nous attendons des candidats qu’ils dévoilent d’éventuels cadeaux ou voyages litigieux.» Une «lex Maudet» encadrera donc le futur conseiller fédéral car le PLR ne doute pas une seconde qu’il gardera son deuxième siège.

Et il y aura même un petit appendice à la «loi» qui rappellera des souvenirs à la conseillère nationale Isabelle Moret. Interrogé sur des exemples qu’un candidat se doit de dévoiler, Lüscher cite le cas d’un divorce: «Le candidat devra dire à la commission si la séparation s’est bien passée, s’il y a eu des actes de violence ou des problèmes pour la garde des enfants.»

Qui siégera dans cette commission intrusive mais tenue à la confidentialité? L’ancien conseiller aux États et médecin Felix Gutzwiller, le conseiller national Philippe Bauer et l’ancienne cheffe de groupe PLR Gabi Huber. Cette dernière est connue à Berne pour ne pas être une tendre.

Keller-Sutter avantagée

Les candidats ont jusqu’au 24 octobre pour se faire connaître. La grande favorite, la conseillère aux États Karin Keller-Sutter (KKS), a engrangé mercredi trois bonnes nouvelles. D’abord elle n’aura pas à affronter la présidente du parti, Petra Gössi. Cette dernière a répété qu’elle ne sera pas candidate. «Je l’ai déjà dit et je tiens parole. La crédibilité et la fiabilité sont des valeurs essentielles en politique. Je me réjouis en tant que présidente de diriger le parti pour les élections fédérales 2019.»

Autre bonne nouvelle pour KKS, la direction du parti est favorable à ce qu’une femme succède à Johann Schneider-Ammann. Mais pour ne pas dévier de sa position antiquota, elle n’en fait pas une condition obligatoire. Autre avantage pour la Saint-Galloise, le parti a décidé de reconduire la formule des débats publics entre candidats. Cela devrait se passer dans quatre cantons, dont un romand. Or KKS est quasi bilingue allemand-français alors que son potentiel rival grison, Martin Schmid, ne maîtrise pas la langue de Molière.

Le processus de nomination est réglé comme du papier à musique. Le Comité directeur donnera sa recommandation le 9 novembre. Le groupe parlementaire choisira son ticket le 16 novembre. L’élection au Conseil fédéral devrait se tenir le 5 décembre.

Créé: 26.09.2018, 22h57

Matériel de guerre: Après les éloges, Schneider-Ammann se prend un camouflet

Le moment de gloire de Johann Schneider-Ammann a pris fin brusquement. Mercredi, lors du débat urgent organisé au parlement sur les exportations d’armes, le ministre de l’Économie s’est pris une gifle. Alors qu’il défendait un assouplissement de l’ordonnance sur le matériel de guerre, il s’est heurté au veto du Conseil national. Une majorité composée d’élus de gauche et du centre s’est en effet prononcée en faveur d’une motion qui demande que ce soit le parlement qui fixe dorénavant les règles. «C’est un grand pas en avant», se réjouit Muriel Waeger, cosecrétaire politique du Groupe pour une Suisse sans armée. «Nous sommes d’accord d’exporter du matériel de guerre, mais pas à n’importe quel prix», ajoute Isabelle Chevalley (PVL/VD). Mais pour la Vaudoise, l’échec du jour n’est pas celui d’un homme, mais de tout le Conseil fédéral. «La Suisse ne peut pas tendre un rameau d’olivier dans une main et une arme de l’autre.»

Si la décision du jour est importante, c’est qu’elle s’inscrit dans un contexte particulier. En juin, le Conseil fédéral annonçait vouloir autoriser les ventes d’armes vers des pays en conflit interne s’il n’y a aucune raison de penser que ce matériel sera utilisé dans ce conflit. Un changement de cap qui a suscité un tollé. Durant des années, Didier Burkhalter avait bloqué cet assouplissement. C’est l’arrivée d’Ignazio Cassis qui a permis à Johann Schneider-Ammann et aux deux ministres UDC d’avoir une majorité prête à donner ce coup de pouce à l’industrie d’armement. Mais c’était compter sans le sursaut de la société civile. Une coalition réunissant plusieurs élus a lancé une initiative populaire. «Nous ne la retirons pas, prévient Muriel Waeger, qui copréside cette coalition. Nous maintenons la pression.» Jeudi, une première victoire a déjà été engrangée. Johann Schneider-Ammann s’est engagé à attendre le vote du Conseil des États avant de trancher. «Je vais charger mon successeur de clore le dossier», a-t-il déclaré.

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