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Liliane Maury Pasquier défend le Conseil de l’Europe à Berne

La Genevoise, qui est à la tête du Parlement de Strasbourg, a plaidé en faveur d’une institution dans la tempête.

Liliane Maury Pasquier a reçu mardi les félicitations du chef du groupe socialiste au Parlement Roger Nordmann.
Liliane Maury Pasquier a reçu mardi les félicitations du chef du groupe socialiste au Parlement Roger Nordmann.
Keystone

«La Suisse partage avec le Conseil de l’Europe une histoire et des valeurs communes, et elle est confrontée à des défis pour la plupart identiques.» La conseillère aux États Liliane Maury Pasquier (PS/GE) a livré un plaidoyer, mardi face aux Chambres fédérales, en faveur de cette institution dont les instruments phares sont la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et la Cour qui contrôle son respect. La Genevoise a été élue en juin à la présidence de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, dont les membres nomment, entre autres activités, les juges de la Cour. Avant elle, un seul Suisse avait accédé à ce poste: le Genevois Olivier Reverdin, entre 1969 et 1972.

Dans notre pays, l’institution basée à Strasbourg est menacée par l’initiative UDC contre les juges étrangers, soumise au peuple le 25 novembre. Liliane Maury Pasquier a au contraire mis en avant tout ce qui nous lie au Conseil de l’Europe, de nos valeurs au fédéralisme en passant par nos compatriotes qui s’y sont illustrés. Pour elle, les arrêts de sa Cour ne sont pas le fait de «soi-disant juges étrangers». «Non seulement la Suisse, comme chaque État membre du Conseil de l’Europe, dispose d’un ou d’une juge siégeant à la Cour strasbourgeoise, mais elle a ratifié librement la CEDH», poursuit-elle avant d’ajouter qu’en attaquant le Conseil de l’Europe, ce sont les droits de nos habitants que l’on fragilise.

La socialiste rappelle que «la plus ancienne mais aussi la plus grande organisation politique européenne» est née en 1949 d’une volonté «de ne plus jamais vivre ces guerres qui ont déchiré le continent». Ses cœurs de cible sont la défense des droits humains, de la démocratie et de l’État de droit. «Son travail a un impact direct sur la vie des citoyennes et citoyens européens et donc aussi de Suisse.» L’Europe lui doit la fin de la peine de mort. Les arrêts à l’encontre de notre pays ont donné à des proches de victimes de l’amiante le droit à un procès équitable.

Aujourd’hui, l’engagement helvétique est d’autant plus important que des «coups de boutoir souverainistes sont portés d’un peu partout». L’ex-premier ministre britannique David Cameron, la Turquie, la Russie, le Danemark… Tous ont défié plus ou moins fortement la CEDH. Et d’autres difficultés s’y ajoutent. À Strasbourg, des parlementaires ont été mis en cause pour des soupçons de corruption. À ce sujet, Liliane Maury Pasquier assure que l’assemblée poursuit «la reconquête de sa crédibilité». Il y a aussi les problèmes financiers. «Si l’on veut éviter que le Conseil de l’Europe ne soit qu’une coquille vide, réduite à émettre de belles paroles dénuées d’effets concrets, il est nécessaire qu’un jour les pays membres – dont la Suisse – adaptent leur contribution», glisse la Genevoise à ses collègues.

L’UDC absente

Liliane Maury Pasquier conclut par un appel: «La montée des extrémismes, des violences, de la répression et les attaques contre les droits humains dans certains pays d’Europe requièrent que nous répétions haut et fort, sans relâche, ce qui nous unit.» Ce mardi, le message est clair. Mais son destinataire ne l’a pas entendu. À l’heure de la standing-ovation, deux tiers des sièges UDC étaient vides.

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