Les locaux de Jean-Claude Bastos perquisitionnés

Paradise PapersLe Ministère public et le fisc ont saisi des documents dans des bureaux de l’homme d’affaires fribourgeois.

L'homme d'affaires suisse, Jean-Claude Bastos.

L'homme d'affaires suisse, Jean-Claude Bastos. Image: DR

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Différentes polices, accompagnées d'enquêteurs fédéraux, ont perquisitionné ce mercredi des bureaux à quatre endroits différents. Des documents ont été saisis. Au centre de cette action: Jean-Claude Bastos, un entrepreneur fribourgeois apparaissant dans les «Paradise Papers» et qui gérait jusqu’à très récemment le Fonds souverain de l’Angola, via son groupe Quantum Global.

Ces perquisitions ont été ordonnées par deux autorités différentes. L’Administration fédérale des contributions s’intéresse, selon nos informations, au bureau du «Family Office» de Jean-Claude Bastos à Zurich, la société Turtle Management AG, et au siège du groupe Quantum Global à Zoug. Une procédure fiscale serait ouverte contre les sociétés, mais aussi contre Jean-Claude Bastos et un avocat d’affaire zougois renommé, Thomas Ladner, qui préside par ailleurs le groupe Quantum Global. Ni l’un ni l’autre n’a souhaité faire de commentaire à ce sujet et tous deux bénéficient de la présomption d’innocence.

Le Ministère public de la Confédération mène quant à lui une procédure pénale depuis le mois d’avril «en lien avec de possibles délits pénaux au détriment de la fortune du Fonds souverain angolais et de la Banque nationale angolaise», indique l’institution. Il s’agit pour l’heure d’une procédure contre inconnu basée sur des soupçons de blanchiment d’argent. Le Ministère public de la Confédération, soutenu par la police fédérale, a procédé hier à des perquisitions «dans plusieurs endroits en Suisse». Selon nos informations, ces perquisitions ont eu lieu chez deux intermédiaires financiers dans les cantons de Zurich et de Zoug. Le Ministère public indique qu’il a connaissance d’une procédure ouverte par une autre autorité (Ndlr: l’Administration fédérale des contributions) et que les actions ont été coordonnées.

Un transfert à 500 millions

En novembre dernier, les «Paradise Papers» ont révélé comment Jean-Claude Bastos gérait, par l’intermédiaire de Quantum Global, le Fonds souverain de l’Angola et comment il en avait personnellement largement profité. D’une part en encaissant des frais de gestion particulièrement élevés et, d’autre part, en investissant plusieurs centaines de millions de dollars du fonds dans ses propres projets.

Le fait que le Ministère public de la Confédération ne s’intéresse pas seulement au fonds, mais aussi à la Banque nationale de l’Angola, laisse supposer que la procédure est en lien avec celle qui a été lancée en Angola. À l’automne dernier, le fils de l’ancien président angolais, José Filomeno dos Santos, un proche de Jean-Claude Bastos et ancien chef du Fonds souverain, a tenté de faire sortir du pays 500 millions de dollars de la Banque nationale. Ce transfert d’argent aurait été, selon plusieurs médias, été fait en accord avec le président de la Banque nationale de l’époque. Le versement a été bloqué par une banque à Londres qui a alerté les autorités. Entretemps, le Ministère public angolais enquête contre José Filomeno dos Santos et l’ancien chef de la Banque nationale pour escroquerie, détournement de fonds et blanchiment d’argent.

Holding à Chypre

L'Administration fédérale des contributions ne donne pas de détails sur la procédure en cours en raison du secret fiscal. Il est probable que son action soit aussi liée avec les révélations des «Paradise Papers». Des documents issus de cette fuite de données montrent entre autres comment Jean-Claude Bastos a versé, via l’île Maurice, plus de 70 millions de dollars provenant de la gestion du Fonds souverain de l’Angola à une société suisse du groupe Quantum Global et un compte privé au Tessin. Jean-Claude Bastos posséderait, selon ses propres indications, 95% des actions des sociétés suisses du groupe Quantum Global. Un document issu des «Paradise Papers» indique qu’il utilise pour cela une holding à Chypre.

Jean-Claude Bastos se trouve actuellement en Angola, selon son porte-parole. Il est engagé là-bas dans une bataille avec la nouvelle direction du fonds. Cette dernière a retiré la gestion à l’homme d’affaires suisse et a fait bloquer ses comptes bancaires privés et commerciaux dans le monde entier. Jean-Claude Bastos soulignait alors qu’il avait toujours respecté les lois et les contrats. (24 heures)

Créé: 17.05.2018, 16h46

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