Une loi spéciale, oui, mais pas d’argent pour le projet Cargo sous terrain

TransportsLe Conseil fédéral croit au projet d’un métro souterrain pour le transport marchandises. Il préparera une loi spéciale.

Le Conseil fédéral s’est engagé à préparer une loi spéciale qui permette aux promoteurs d’aller de l’avant dans ce projet.

Le Conseil fédéral s’est engagé à préparer une loi spéciale qui permette aux promoteurs d’aller de l’avant dans ce projet. Image: KEYSTONE

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Dix mois tout juste entre la présentation de la première étude de faisabilité et sa mise sur les rails sur le plan politique! Futuriste, voire révolutionnaire, le projet Cargo sous terrain (CST) avance à un train d’enfer. Jeudi, le Conseil fédéral s’est engagé à préparer une loi spéciale qui permette aux promoteurs d’aller de l’avant. Mais attention, le projet devra être entièrement financé par les privés. La Confédération ne mettra pas la main au porte-monnaie.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir Cargo sous terrain? Une idée qui paraît un peu folle ou à tout le moins futuriste: construire un réseau ferré souterrain dédié au trafic marchandises. Ainsi 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, des navettes sans conducteurs pourraient transporter des containers entre les grandes villes du pays. Avantage: un réseau routier libéré d’une grande partie du trafic marchandises, moins de bouchons et une baisse importante des émissions de CO2 et de la pollution sonore. Bref, une révolution dans le monde de la logistique, portée par les grands distributeurs (Coop, Migros, Denner, Manor), CFF Cargo, Swisscom ou encore La Mobilière, et avec un fort accent environnemental.

Profitable à tous

Le Conseil fédéral s’est donc montré sensible aux arguments des promoteurs du projet, qui pourrait apporter un «léger avantage à la collectivité», dit-il, même si l’avantage direct revient aux investisseurs et aux exploitants. Il s’engage donc à préparer une loi fédérale spéciale pour unifier les conditions de construction sur toute la Suisse et éviter d’interminables négociations avec toutes les communes concernées. Mais il y fixe de strictes conditions. La première est financière. La Confédération ne versera pas un centime dans l’aventure. Les promoteurs devront trouver 100 millions de francs d’investissement privé – dont la moitié en Suisse. Ils devront s’engager à réorganiser la chaîne de logistique et de transports des régions concernées. L’accès à leur réseau ne devra pas être discriminatoire. Et enfin ils devront obtenir le soutien des premiers cantons concernés: Zurich, Soleure et Argovie.

Début à Zurich

C’est en effet entre Härkingen-Niederbipp et Zurich que les travaux devraient commencer en 2024, si tout va bien. Le premier tronçon est devisé à 3 milliards de francs et pourrait entrer en service dès 2030. Il est ensuite prévu d’étendre le réseau sur toute la Suisse. Coût total des investissements: 35 milliards de francs sur 25 ans.

«Pour l’industrie et le commerce de détail, ce système sera un progrès énorme»

Avec le signal politique donné hier par la Confédération, la phase de planification peut désormais commencer. «Avoir une loi fédérale est indispensable à la concrétisation du projet. Pour convaincre les investisseurs, il faut pouvoir leur dire quelles sont les conditions que l’Etat fixe. Maintenant, nous pouvons commencer à chercher les 100 millions de francs nécessaires au démarrage et nous pouvons préparer les autorisations de construire, se félicite Daniel Wiener, membre du comité de Cargo sous terrain. Un comité qui n’est pas fâché de voir l’Etat se tenir à distance, financièrement parlant. «Nous voulons garder notre liberté entrepreneuriale. Cela garantit aussi des solutions rapides, commente Daniel Wiener. Nous attendons des effets extrêmement positifs pour l’économie privée. Pour l’industrie et le commerce de détail, ce système sera un progrès énorme.»

Il n’est pas le seul à s’en réjouir. Le projet fait d’ores et déjà saliver l’ingénieur qu’est le PLR Olivier Français, président de la Commission des transports du Conseil des Etats. «Je prends le mandat, c’est clair! lance-t-il par boutade avant d’analyser. Dans ce genre de gros projets, le plus gros écueil est souvent législatif. La décision de faire une loi fédérale, et donc de passer par-dessus les règlements cantonaux est une décision politique forte.»

Et les cantons seront-ils d’accord de perdre leurs prérogatives? Olivier Français est prudent. «Le débat commence. On verra ce que diront d’abord les chefs des départements concernés. Pour moi, qui suis un libéral, l’Etat ne doit pas interdire les projets commerciaux pour autant que ce soient les promoteurs qui prennent le risque financier.» Le projet de loi sera mis en consultation l’été prochain. Et le parlement devrait adopter le texte fin 2018.

Créé: 24.11.2016, 20h51

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.