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Maillard ne combattra pas l'initiative contre le voile

Le conseiller d'Etat socialiste vaudois Pierre-Yves Maillard ne combattra pas l'initiative lancée en mars par le comité d'Egerkingen visant à interdire le voile intégral en Suisse.

«Il y a beaucoup de choses bien qui ont été faites dans nos démocraties, à commencer par les libertés des femmes et des corps. Alors ne transigeons pas trop avec cela», déclare Pierre-Yves Maillard, au sujet de l'initiative contre le voile intégral.

Ces libertés «sont fragiles, car rien n'est mieux toléré que l'oppression des femmes», s'emporte le ministre cantonal dans un entretien diffusé dimanche par Le Matin Dimanche. Il déplore que le Parlement fédéral ne règle pas la question, ce qui permettrait d'éviter «une votation, dont le résultat ne fait pas beaucoup de doute».

Relevant le manque d'engagement sur le sujet de la gauche, «qui se voit comme une alternative à notre société», et de la droite, «qui veut plus de marché, moins de protection», il estime qu'il ne reste pas grand monde pour défendre nos sociétés telles qu'elles sont aujourd'hui». Or quand elles sont «attaquées», «il faut que les grandes forces s'unissent pour défendre l'essentiel», martèle-t-il.

M. Maillard appelle la gauche à soutenir les femmes «qui se battent partout dans le monde». «Demandons leur ce qui aide leur cause plutôt que de prôner dans notre entre soi décalé une tolérance sans limites», poursuit-il. Citant l'exemple de l'interdiction de la polygamie, il note que «dans une société de rapports de force, parfois, c'est l'interdit qui libère», tout en soulignant que «sur ces questions, on a besoin de réflexion et de clarté et pas d«anathème».

Le comité d'Egerkingen doit réunir 100'000 signatures jusqu'en septembre 2017 pour que son initiative aboutisse. Une loi interdisant de se dissimuler le visage est entrée en vigueur le 1er juillet 2016 au Tessin, suite à une votation populaire. Plusieurs femmes ont déjà été amendées.

Polémique à Zurich

Récemment, une polémique a éclaté entre le conseiller d'Etat socialiste zurichois Mario Fehr, les Jeunes socialistes et les milieux touristiques de son canton. Selon le socialiste, il ne faut pas tolérer que des touristes marchent totalement voilées le long de la Bahnhofstrasse, l'artère huppée et touristique de la ville, a-t-il déclaré dans la presse.

L'interdiction de la burqa, telle que l'a promulguée le Tessin, est «intéressante», a-t-il déclaré. Elle transmet un message aux étrangers: qu'ils sont les bienvenus, mais que «dans ce canton ou ce pays le visage doit être montré».

Ses déclarations ont fait un tollé auprès des milieux touristiques. Le directeur de Zurich Tourisme, Martin Sturzenegger estime qu'une telle interdiction aurait de larges répercussions sur le tourisme.

«Ce serait un mauvais signal envoyé à un segment de clients qui aiment la Suisse et qui y séjournent volontiers», a-t-il argumenté. Même opposition du côté des jeunes socialistes zurichois, qui ont affiché leur colère sur Twitter.

ats

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