La main de Prêles sème la discorde

Jura bernoisCondamné par la justice pour avoir violé la loi sur le patrimoine, le découvreur de l’objet datant de 3500 ans va se battre jusqu’au bout, persuadé de sa bonne foi.

Image: Service archéologique du canton de Berne

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La fameuse main de Prêles (BE) refait parler d’elle. Cet objet en bronze exceptionnel, orné d’un bracelet en or, vieux de 3500 ans et unique en Europe, avait été mis au jour en 2017 grâce au détecteur de métal de Massimo Beck, un habitant de la commune du Jura bernois. Il l’avait alors amené au Service archéologique bernois. Seulement voilà, comme il ne disposait pas d’autorisation pour fouiller, le passionné a été condamné à 2500 francs d’amende par le Ministère public.

Il a fait opposition et s’est retrouvé devant le Tribunal régional à Moutier. La justice a confirmé son amende par le biais d’une ordonnance pénale et le reconnaît coupable d’infractions à la loi sur la protection du patrimoine commises à cinq reprises, dont celle liée à la découverte de la main en bronze. Il devra en plus s’acquitter des frais de la procédure qui s’élèvent à 2000 francs.

Le juge a admis que le prévenu n’était pas un pilleur mais qu’il ne pouvait pas décider de faire de la détection de loisir où il l’entendait. La loi sur la protection du patrimoine du canton de Berne stipule que l’utilisation de moyens techniques pour fouiller le sol afin d’y découvrir des objets archéologiques est soumise à l’autorisation du service cantonal.


Une condamnation «discutable»

Cette décision rend le quadragénaire fou de rage. Ce lundi, il a annoncé dans un communiqué qu’il va faire appel. «Si j’y suis contraint, j’irai jusqu’au bout. Je me suis retrouvé devant le tribunal pour la première fois de ma vie, j’ai engagé mes économies et au final, la justice donne raison à la partie plaignante. Je trouve la décision partiale.» Pour sa défense, il prétend avoir sauvé l’objet d’un sort autrement plus tragique. « Grâce à cette découverte mythique, la main a pu être préservée d’une destruction possible par une machine agricole ou d’autres détectoristes qui n’auraient peut-être pas été aussi civiques.»

Pour Massimo Beck, cette décision de justice est également très mauvaise pour l’avenir: «Cette condamnation est non seulement discutable, mais elle constitue également un très mauvais signal pour tous les découvreurs qui, malheureusement, ne déclareront plus rien par peur de poursuites.»

Pour tenter d’apaiser les relations entre les détectoristes et les autorités, Massimo Beck a créé cette année une association (arudml.ch) pour défendre son loisir et ouvrir un dialogue avec les différents services archéologiques cantonaux. Quant à la fameuse main en bronze, elle vient de quitter un musée de Bienne pour être exposée à Halle en Allemagne dans une exposition consacrée à la préhistoire.

Créé: 03.12.2019, 08h01

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