Maintien de l'internement d'un délinquant sexuel

SuisseUn homme reconnu coupable de viols sur deux femmes et d'abus sexuels sur sa fille a vu sa demande de levée de l'internement simple de libération conditionnelle rejetée.

Condamné en 2012, c'était la 2e fois qu'un internement à vie était prononcée en Suisse.

Condamné en 2012, c'était la 2e fois qu'un internement à vie était prononcée en Suisse. Image: Photo d'illustration/Keystone

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Le Tribunal régional de Moutier (BE) a rejeté jeudi la demande de levée de l'internement simple et la libération conditionnelle d'un délinquant sexuel. Faisant siennes les conclusions d'une expertise psychiatrique, il estime que le risque de récidive est très élevé.

"Le pronostic est toujours hautement défavorable", a déclaré le président du Tribunal régional Jura bernois-Seeland, Josselin Richard. Le condamné, qui n'a pas manifesté d'émotions lors de la lecture du jugement, retourne au pénitencier de Thorberg (BE).

"Son casier judiciaire s'est constamment étoffé", a souligné le président du tribunal en évoquant le parcours de ce presque sexagénaire. "Des remords et des émotions, on n'en a pas vu des sincères", a-t-il ajouté en soulignant son absence d'empathie.

Internement à vie

En 2012, cet homme avait été reconnu coupable de viols sur deux femmes, ainsi que d'abus sexuels sur sa fille âgée de 4 ans par le Tribunal régional de Moutier. Il avait été condamné à huit ans de prison, une peine assortie de l'internement à vie.

C'était la 2e fois que la mesure la plus sévère prévue par le Code pénal était prononcée en Suisse. L'accusé, qui conteste toujours les faits qui lui sont reprochés, avait fait recours auprès de la Cour suprême bernoise qui avait prononcé un internement simple.

Pour le Ministère public, l'internement ne devait en aucun cas être levé. Il a rappelé lors de l'audience de mardi que cet homme avait un lourd passé criminel. Il avait déjà été condamné pour des actes similaires en 1991.

Expertise accablante

Pour rendre son verdict, le tribunal collégial à cinq juges a retenu les conclusions d'une expertise psychiatrique effectuée en 2018, dressant le portrait d'un manipulateur dénué d'empathie et souffrant de psychopathie "haute". Pour l'expert, le risque de voir le condamné commettre de nouveaux délits est très élevé.

Pour le condamné, cette expertise ne reflète pas la réalité et ne correspond pas à l'évolution de sa personnalité. Pour le tribunal, l'étude est au contraire complète et argumentée. Le bon comportement du condamné en prison n'est pas révélateur de son comportement une fois la liberté retrouvée. (ats/nxp)

Créé: 24.01.2019, 17h44

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