Les maladies non transmissibles dans le viseur

SantéAlain Berset présente une "stratégie nationale" contre les maladies comme le cancer, le diabète ou les maladies cardio-vasculaires. Ses contours restent assez vagues, un plan de mesures suivra plus tard.

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Cancer, diabète, maladies cardiovasculaires, affections chroniques des voies respiratoires: les maladies non transmissibles (MNT) occasionnent des dépenses annuelles pour 50 milliards de francs en soins et traitements. C’est 80% de la facture nationale de la santé. Or le comportement de chacun peut influencer l’apparition de ces maladies. Tabagisme, consommation excessive d’alcool, manque d’activité physique et mauvaises habitudes alimentaires constituent des facteurs de risque déterminants.

Le conseiller fédéral Alain Berset l’a rappelé mercredi en présentant une Stratégie nationale contre les maladies non transmissibles. «C’est là qu’il faut agir, c'est une évidence», a-t-il souligné. Une prévention plus efficace est l’objectif déclaré de la Confédération. Elle a associé les cantons et les partenaires privés pour formuler cette déclaration d’intention. Un plan de mesures sera forgé plus tard, au gré des besoins.

Souvenir d'un échec traumatisant

«Une politique pragmatique, bien suisse, à mi-chemin entre le laisser-faire pas raisonnable et la réglementation pas souhaitable», assure Alain Berset. Le conseiller fédéral marche sur des œufs. L’allergie à des politiques nationales de prévention est fort répandue parmi les acteurs de la santé. Un échec cuisant a infligé un traumatisme difficile à surmonter.

En septembre 2012, le Conseil des Etats avait brisé huit ans de travaux législatifs pour enfin doter la Suisse d’une loi fédérale sur la prévention. Le texte avait d’abord été en partie vidé de sa substance, puis les sénateurs lui avaient opposé un refus définitif au vote final. Leur hostilité visait les prétendues velléités centralisatrices de la Confédération. L’Office fédéral de la santé publique, freiné par l’absence de base légale, cherchait à grappiller des compétences. Assez pour être caricaturé en «commissariat de la santé» et ses cadres dépeints en «talibans de la prévention»…

De moins en moins d'argent

«Mieux vaut prévenir que guérir», répète à son tour Alain Berset. Son prédécesseur Pascal Couchepin disait déjà que la création d’une loi fédérale sur la prévention freinerait les coûts de la santé. Les leçons de l’échec de 2012 ont été tirées. La Stratégie nationale contre les MNT existe sans base légale ou réglementaire nouvelle. Elle s’appuie sur les institutions existantes dans la prévention. Mieux coordonner leurs efforts est le but prioritaire visé. Confédération, cantons et acteurs du terrain en prennent l’engagement. Cela garantira une utilisation «encore plus efficace» des fonds, assure Alain Berset.

Des moyens financiers supplémentaires seront-ils engagés? On verra plus tard, au gré des projets que les acteurs feront émerger. La réalité est que l’engagement de la Confédération pour la prévention ne cesse de diminuer: 17 millions de francs sont inscrits au budget 2016, contre 40 en 2003, 25 en 2008 et encore 20 en 2012.

Créé: 06.04.2016, 19h52

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