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Les mariages religieux avec des mineurs sont en hausse

Plus de 20 unions avec des jeunes filles musulmanes ou chrétiennes ont été recensées l’an dernier.

Les victimes de mariage forcé n’osent pas se manifester par loyauté envers leur famille ou par peur.
Les victimes de mariage forcé n’osent pas se manifester par loyauté envers leur famille ou par peur.
Gabriel Bouys, AFP

Des représentants de la communauté musulmane ou chrétienne qui font fi du droit suisse en mariant des mineurs: le Service contre le mariage forcé s’inquiète de ces pratiques. L’an dernier, il a eu connaissance de 21 mariages religieux avec des jeunes filles âgées de 14 ans à 17 ans, à Berne, à Zurich ou à Soleure, relatait hier la NZZ am Sonntag . Dans la majeure partie des cas, il s’agissait d’adolescentes originaires de Syrie, d’Afghanistan, d’Irak, d’Erythrée, de Somalie, du Kosovo et de Macédoine. Mais trois cérémonies chrétiennes avec des mineures de la communauté rom ont aussi été signalées.

«C’est un nouveau défi»

«La tendance est en hausse. Elle s’explique par les nouvelles vagues d’immigration. C’est un nouveau défi», affirme Anu Sivaganesan, responsable du Service contre le mariage forcé, qui est actif dans toute la Suisse. Selon cette dernière, il y a beaucoup plus de cas que ceux qui sont déclarés à son service: les victimes n’osent pas se manifester par loyauté envers leur famille ou par peur. «En Suisse romande aussi le phénomène existe, c’est certain. Et cela concerne toutes les religions, pas seulement l’islam.»

Interdites par la loi, ces unions avec des mineurs violent aussi la primauté du mariage civil, rappelle Anu Sivaganesan. En Suisse, un mariage religieux n’est permis qu’après une cérémonie civile. Les personnes qui les célèbrent s’exposent à des sanctions. Si le mariage est forcé, ce qui est le cas la plupart du temps, il s’agit également de contrainte, passible d’une peine allant jusqu’à 3 ans de prison.

Cérémonie par téléphone

«Pour beaucoup de communautés, un mariage religieux revêt plus d’importance que des noces civiles, qui ne sont perçues que comme une démarche administrative. Il s’agit d’une manière de discipliner les jeunes filles, en les mariant tôt et en restreignant leur sexualité», explique Anu Sivaganesan. Elle rapporte la tenue de fêtes en présence de centaines d’invités. Dans d’autres cas, seul un petit nombre de convives a assisté au rituel. Le profil de la personne officiant à la célébration varie lui aussi. Il s’agit d’imams, mais aussi de personnes sans aucune qualification spéciale. Des religieux ont même célébré des unions par téléphone. Dans un cas, la fiancée se trouvait à Zurich et le fiancé en Angleterre.

Comment prévenir?

Comment prévenir ces cas? Le centre appelle les autorités à mieux informer les migrants de toute confession, ainsi que les représentants des communautés religieuses, sur le cadre juridique légal suisse, qu’ils ne connaissent pas forcément. Un travail de sensibilisation doit aussi être fait auprès des professionnels qui sont en contact avec des migrants, souligne Anu Sivaganesan. Et de citer l’exemple du mariage d’une requérante d’asile mineure: parmi les invités se trouvait celui qui avait été désigné comme sa personne de confiance.

Pascal Gemperli, président de l’Union vaudoise des associations musulmanes, dit ne pas avoir eu connaissance de cas, sans en exclure la probabilité. «Nous les condamnons fermement.» La solution? «Le problème est que n’importe qui peut s’autoproclamer imam et célébrer ces unions. Si la communauté musulmane était mieux structurée, en étant reconnue officiellement, nous pourrions recenser tous les imams et établir un cahier des charges clair. Une formation d’imam aiderait aussi.»

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