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La marine suisse de haute mer sous enquête

Le Département fédéral de l’Économie a déposé une plainte dans la débâcle de la flotte de haute mer. La Confédération avait dû injecter 215 millions de francs en urgence.

Les cargos de Swiss Cargo Line (SCL) intéressent le Ministère Public de la Confédération (MPC).
Les cargos de Swiss Cargo Line (SCL) intéressent le Ministère Public de la Confédération (MPC).
BWL/ Michael Eichmann

La débâcle de la flotte de haute mer suisse connaît désormais un volet judiciaire. Le Département fédéral de l’Économie (DFE) a déposé plainte contre deux personnes, révèle la Nordwestschweizdans son édition du 11 décembre 2017.

Walburga Bur, porte-parole du Ministère Public de la Confédération (MPC), confirme qu'une «procédure pénale a été lancée par le DFE en août 2017». De nouvelles preuves et des documents ont été apportés à cette occasion. Il s'agit notamment du rapport sur l'enquête administrative menée par le Contrôle fédéral des Finances (CDF).

Fausses informations

Les deux personnes visées par la plainte sont Hans-Jürg Grunder, le patron des entreprises Swiss Cargo Line (SCL) et Swiss Chem Tankers (SCT). Toutes deux ont dû être remises à flot en urgence par la Confédération en juin 2017 à raison de 215 millions de francs.

L'autre prévenu est un haut fonctionnaire du DFE, Michael Eichmann, qui a passé plus de 20 ans à l'Office fédéral pour l'approvisionnement économique du pays (OFAE).

Hans-Jürg Grunder est suspecté d'avoir transmis de fausses informations sur le prix des navires, ce qui lui aurait permis de percevoir des garanties excessives de la part de la Confédération. Michael Eichmann l'aurait aidé dans ses desseins.

Des cargos sous la loupe

Les deux hommes étaient proches, puisque le fonctionnaire s'est fait inviter à plusieurs reprises par l'entrepreneur en Chine pour prendre livraison de navires. Après son départ à la retraite en 2012, il a rejoint les firmes de Hans-Jürg Grunder bien qu'il continuât à garder un mandat pour l'OFAE. Ce qui aurait dû alerter sa supérieure hiérarchique à l'époque, Gisèle Girgis, une ex-directrice de Migros.

Swiss Chem Tankers (SCT) opérait avec quatre navires contre huit pour Swiss Cargo Line (SCL) et ce sont ces derniers qui focalisent l'intérêt du MPC. Ces navires sur lesquels pèsent les soupçons appartenaient à un armateur allemand, il n'est donc possible que les délits aient été commis avant que les bateaux ne passent sous pavillon suisse. Pour l'anecdote, un des cargos, le SCL «Sabina», porte le nom de la fille de Michael Eichmann.

Ce n'est pas la première fois que ces cargos suscitent des interrogations puisque comme le rappelle la Nordwestschweiz, les cargos en question avaient reçu le feu vert de la Confédération en 2012, alors que Hans-Jürg Grunder était déjà connu pour être surendetté.

Pour rappel, les quatre navires transporteurs de produits chimiques de SCT doivent être vendus par le DFE et l'OFAE afin de combler un trou de 175 à 200 millions, somme correspondant au cautionnement de l’armateur.

Des conséquences politiques?

Outre le MPC, la débâcle de la flotte de haute mer intéresse le Parlement, tant au niveau de la délégation des finances que de la commission de gestion. Cette dernière scrute désormais les activités des principaux suspects mais également de Gisèle Girgis. Des conséquences politiques ne sont pas non plus à exclure puisque les irrégularités dénoncées ont été commises lorsque le DFE était dirigé par Doris Leuthard.

Le conseiller national Ueli Giezendanner (UDC/AG), à la pointe du combat pour dénoncer le scandale de la flotte de haute mer, s'est réjoui du début de l'instruction «même si elle aurait dû démarrer en avril».

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