Un méga projet russe annulé à Crans-Montana

ConstructionLe Tribunal fédéral a annulé la construction de 22 chalets de luxe dans la station valaisanne d'Aminona (VS).

Les 22 chalets s'articulaient autour d'un bâtiment principal.

Les 22 chalets s'articulaient autour d'un bâtiment principal.

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Il n’y aura pas de nouvel énorme complexe touristique à Aminona, près de Crans-Montana. Le Tribunal fédéral a rejeté mercredi le recours des promoteurs. En juin 2018, le Tribunal cantonal valaisan avait déjà donné raison aux organisations environnementales (WWF, Fondation suisse pour le paysage et Helvetia Nostra) qui s’opposaient à ce projet. Mon-Repos a confirmé ce jugement sur toute la ligne, considérant que ce projet de luxe était incompatible avec la loi sur l’aménagement du territoire et la loi sur les résidences secondaires.

La commune de Crans-Montana tombe en effet sous le coup de la Lex Weber et, dans ce contexte, ne peut autoriser que des logements pour des habitants à l’année ou des bâtiments destinés à l’hébergement touristique à des conditions strictes prévues dans la loi. Or les promoteurs n’ont pas réussi à démontrer que leur projet correspondait à ces exigences.

Les propriétaires auraient dû s’engager à ne pas occuper eux-mêmes leurs chalets plus de trois mois par an. Les juges ont toutefois estimés trop important le risque qu’ils ne soient pas suffisamment loués. Par ailleurs, trois mois, c’est trop, selon Mon-Repos. Nombre des chalets étant indépendants d’un bâtiment central, il ne suffisait pas non plus de mettre les logements sur une plate-forme de location pour s’affranchir de toute critique. Par ailleurs, l’équipement des chalets, avec notamment la présence d’une cuisine, a laissé songer qu’une utilisation personnelle était privilégiée à celle d’une entreprise touristique homogène.

Le Conseil d’État critiqué

Pour l’avocat des associations environnementales, Pierre Chiffelle, cette victoire sur ce projet d’envergure devisé à 80 millions de francs est lourde de sens. «Les autorités doivent cesser cette complaisance à l’égard des constructeurs et arrêter d’essayer de faire prendre des vessies pour des lanternes. Ils doivent appliquer les lois.» Explicitement, l’avocat vise le Conseil d’État valaisan qui, alors que la Cour cantonale avait nettement balayé le projet l’an passé, s’est prononcé en faveur des promoteurs lors de la procédure devant le Tribunal fédéral. Du côté des défenseurs du projet, c’est la douche froide.

Avocat du promoteur russe du projet, Vladimir Marakutsa – qui était aussi le directeur de l’autre méga-projet d’Aminona, dont les travaux sont bloqués –, Dominique Favre se désole. «Le Tribunal fédéral privilégie une interprétation restrictive de la loi sur les résidences secondaires et, malheureusement, c’est toute la station d’Aminona, qui se trouvait déjà en perdition, qui est mise à mort avec cette décision.» Cette partie de la station n’est effet plus reliée au domaine skiable depuis que la télécabine a été mise hors service en 2014.

Créé: 20.11.2019, 22h58

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