La menace terroriste reste élevée en Suisse

SécuritéLe Service de renseignement a tiré le bilan de la sécurité dans notre pays. La situation est toujours aussi dangereuse notamment en raison de l'Etat islamique.

Markus Seiler, directeur du SRC, et Guy Parmelin, en charge du Département fédéral de défense, protection de la population et sports

Markus Seiler, directeur du SRC, et Guy Parmelin, en charge du Département fédéral de défense, protection de la population et sports Image: Keystone

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La crise au Proche et Moyen-Orient a un impact direct sur l'Europe sous la forme d'un accroissement permanent des mouvements migratoires et d'une forte menace terroriste. La Suisse ne fait pas exception et reste une cible potentielle d'éventuelles attaques. «Nous ne sommes pas une île et nous faisons partie du monde occidental considéré comme hostile à l'islam», a souligné lundi le conseiller fédéral Guy Parmelin, en présentant le bilan 2015 du Service de renseignement (SRC).

«Le niveau de danger est toujours aussi élevé mais nous ne sommes pas directement en première ligne», a résumé le ministre de la Défense. «Nous devons rester vigilants puisque la Suisse abrite de nombreuses organisations internationales ainsi que des institutions ouvertement engagées dans des conflits au Moyen-Orient. Ce qui pourrait faire de nous une cible collatérale d'attentats qui viseraient ces intérêts.»

Après les attentats de Paris et de Bruxelles, la menace est en permanence élevée, a rappelé Markus Seiler, directeur du SRC. Des personnes isolées et radicalisées peuvent commettre des attentats en Suisse, selon lui.

400 personnes identifiées

En Suisse, le Service de renseignement a identifié 400 personnes qui ont des liens avec le djihadisme sur Internet, contre 300 l'an dernier. «Ce n'est pas une surprise. On voit que l'Etat islamique est très professionnel en ce qui concerne la propagande sur les réseaux sociaux», a expliqué Markus Seiler.

Environ 70 autres individus ont été identifiés comme des «voyageurs du djihad» et présentent une menace particulière. Jusqu'à présent, 73 voyageurs du djihad se sont rendus dans des zones de conflits, notamment dans les territoires sous contrôle de l'Etat islamique», a-t-il indiqué. Douze personnes sont revenues en Suisse.

Des chiffres plutôt stables qui font penser qu'un plafond a été atteint, selon Markus Seiler. «La propagande et les sympathies pour l'Etat islamique n'ont pas perdu en attractivité. Mais voyager dans ces zones de conflit est devenu plus difficile, notamment en raison des efforts de la Turquie», a -t-il souligné. «En outre, ceux qui sont rentrés ont raconté que ce qu'ils ont trouvé là-bas n'était pas franchement le paradis. »

Pas de djihadistes dans les requérants

Les flux migratoires sont très importants en Europe. Le SRC a-t-il trouvé des personnes à risque parmi les requérants en Suisse? Selon son directeur, aucun cas avéré de djihadiste n'a été constaté parmi les migrants. «Mais il a été démontré, notamment en France, que l'Etat islamique envoyait des personnes en Europe via les flux migratoires. Il faut donc rester extrêmement vigilant.»

Autres menaces potentielles selon le SRC: la Russie et la Chine. L'attitude de Moscou suscite beaucoup d'inquiétude au niveau international, a indiqué Guy Parmelin. Et la Suisse a repris une partie des sanctions infligées à la suite du conflit en Crimée, a-t-il rappelé.

«La menace chinoise»

Quant à la Chine, elle ne représente pas seulement une opportunité pour la Suisse mais également une menace sécuritaire. «Pékin veut affirmer d'une part son rôle de grande puissance dans le sud-est asiatique», explique le ministre de la Défense. D'autre part, sa croissance faiblit et il y a des tensions internes. «Nos relations avec la Chine sont bonnes sur le plan économique mais il faut voir que dans cette confrontation internationale entre différents pays qui souhaitent affirmer leur puissance, certains moyens qui sont utilisés pourraient avoir des conséquences pour notre pays». Et de citer l'espionnage économique et le cyberespionnage.

L'espionnage est justement une autre préoccupation du SRC. Il veut sensibiliser les entreprises, les hautes écoles et les instituts de recherche suisses aux menaces et aux risques qui y sont liés. Dans le cadre du programme Prophylax, il a produit le court-métrage «En ligne de mire» sur cette thématique.

(nxp)

Créé: 02.05.2016, 12h51

Eurofoot et Tour de France surveillés

Le service de renseignement sera particulièrement attentif cet été avec la tenue de l'Euro 2016 en France. Nous allons prendre toutes nos précautions pendant l’Euro, car il y aura aussi des fan zones en Suisse, a déclaré Guy Parmelin. Je crois que c’est un risque important et il faut en être conscient, a-t-il ajouté en précisant que le SRC sera les yeux et les oreilles qui indiqueront où les menaces peuvent se cacher, tandis que les polices cantonales assureront la sécurité sur le terrain.

Les mesures de sécurité seront également renforcées durant le Tour de France qui passera pour 3 étapes en Suisse.

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