«Pas de menaces sur la Suisse»

Attentat contre Charlie HebdoLa Suisse a condamné l'attentat, mais dans un certain cafouillage. La police fédérale ne fait pas état de menaces sur le pays.

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«Bouleversé et choqué.» Voilà comment le Conseil fédéral réagit suite à l’attentat meurtrier de Paris. La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga voit dans cet attentat une attaque contre les droits humains et contre la liberté d’expression et de la presse. «L’attentat montre que ces droits ne vont pas de soi, même dans les démocraties occidentales, et qu’ils doivent être défendus par tous les moyens.»

Une prise de position ferme qui a été quelque peu troublée par le cafouillage de la ministre de la Communication, Doris Leuthard. Celle-ci a envoyé le message suivant sur Twitter: «La satire ne permet pas tout, mais aucun dessin ou publication ne légitime une violence qu’il faut condamner sans transiger.» Cela a été pris par plusieurs journalistes comme une relativisation malvenue. La ministre est alors intervenue peu après pour éteindre l’incendie: «J’ai été en partie mal comprise. Je suis consternée par l’attentat que rien ne justifie. La liberté de la presse est un droit fondamental!»

Ce faux pas s’explique peut-être par l’agitation qui régnait hier dans les services fédéraux suite à cet attentat. Réunion des divers représentants des services touchant à la sécurité et filtrage de l’information par la Chancellerie fédérale étaient au menu. L’attentat de Paris change-t-il la donne sécuritaire pour la Suisse? Pas vraiment, à en croire la police fédérale. «Actuellement, il n’y a pas d’indices concernant des menaces concrètes envers la Suisse, envers des intérêts suisses ou envers des intérêts étrangers en Suisse», déclare Stefan Kunfermann, porte-parole de Fedpol. «Pour l’instant, il n’y a pas non plus de demandes faites à Fedpol en provenance de la France en lien avec l’attentat de Paris.»

Du côté des services secrets, on affirme suivre la situation mais n’avoir pas pris de mesures spécifiques. Le Service de renseignement de la Confédération compte beaucoup sur la nouvelle loi qui va être discutée au Conseil national lors de la session de mars. Elle lui permettra d’espionner activement les terroristes présumés. Fouille d’un appartement, pose de micros, chevaux de Troie informatiques dans les PC et smartphones, sont quelques-uns des nouveaux moyens prévus.

En décembre, le parlement a dû voter en urgence une loi pour que les sympathisants d’Al-Qaida et de l’Etat islamique puissent être poursuivis. Le Conseil fédéral avait dans un premier temps jugé que la première organisation ne représentait plus vraiment une menace. Depuis le 1er janvier, la loi interdit non seulement toutes les activités de ces organisations en Suisse et à l’étranger, mais aussi toutes les actions destinées à leur assurer un soutien matériel ou en personnel, telles que la diffusion de propagande, la récolte de fonds ou le recrutement de nouveaux membres.

Le conseiller aux Etats Thomas Minder (Ind/SH), très actif dans ce débat, trouve que la menace islamiste n’est toujours pas prise assez au sérieux. «Il y a peu ou pas de condamnations en Suisse. Et l’armée ne s’occupe pas vraiment de cette menace hybride qui ne correspond pas à la guerre classique.» Selon lui, la Commission de sécurité des Etats va aborder cette problématique avec la réforme de l’armée.

Créé: 08.01.2015, 07h09

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