Leuthard salue un succès «historique»

Réunion sur le mercureLa première réunion de la Convention de Minamata, qui veut limiter l'impact du mercure sur l'environnement, se tient jusqu'à vendredi à Genève.

Doris Leuthard a notamment évoqué «la vérité amère» du mercure. (Image d'illustration)

Doris Leuthard a notamment évoqué «la vérité amère» du mercure. (Image d'illustration) Image: Keystone

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La Suisse est en train d'ajuster sa législation sur le mercure et veut être un exemple dans le cadre de la Convention «historique» de Minamata. Doris Leuthard a souligné jeudi à Genève les efforts en cours dans la filière d'importation d'or et fait de l'élimination des exportations un objectif à terme.

Environ 50% de l'or vendu dans le monde est raffiné en Suisse. Et 10% de l'extraction mondiale de ce métal serait menée avec du mercure qui affecte les populations dans les régions concernées. Difficile de savoir si une part de ce volume transite par la Suisse. Devant quelques journalistes en marge de la première Conférence des Etats parties (COP1) à la Convention de Minamata, la présidente de la Confédération n'a pas minimisé les «efforts» encore à mettre en oeuvre. Mais ceux qui ont été entamés par le Secrétariat d'Etat à l'économie «fonctionnent», estime-t-elle.

«Toute la chaîne a une sensibilité, jusqu'au produit final», affirme-t-elle. Y compris les banques et les entreprises de négoce de matières premières. Jeudi, deux interpellations parlementaires ont été déposées à Berne pour clarifier la compatibilité de cette filière avec la Convention de Minamata.

Un million de dollars

Côté exportations aussi, Mme Leuthard tient à rassurer sur les intentions de la Suisse. En ouvrant la partie ministérielle de la COP1, elle a répété que les entreprises suisses pourront maintenir, pour une durée inconnue pour le moment, des ventes de mercure si elles ne violent pas la Convention. Une ordonnance est prévue d'ici la fin de l'année. A plus long terme, la présidente fixe comme objectif que «les exportations soient nulles». Pour autant, les intérêts économiques du secteur doivent être pris en compte et un partenariat devra être établi.

La Suisse a exporté 30 tonnes de mercure en 2016, en diminution par rapport à 2015, avant tout via l'entreprise bernoise Batrec qui n'en vend qu'à des clients surtout pour des composants dentaires. Et «il y a encore des secteurs où le mercure peut être utile» sans «affecter la santé ni l'environnement», d'autant plus si les alternatives sont plus dangereuses encore, renchérit le directeur général d'ONU Environnement Erik Solheim. Outre l'action intérieure, Mme Leuthard veut également que le pays continue à être pionnier dans la lutte internationale contre le mercure.

Elle a promis une contribution supplémentaire d'un million de dollars si le secrétariat de la Convention est établi à Genève, où se trouve celui des autres accords de l'ONU sur des produits chimiques. La Suisse est la seule candidate mais les Etats-Unis n'auraient pas la même approche sur la portée de cette instance.

Compromis attendu sur le secrétariat à Genève

«On est en discussion et je pense qu'on va trouver un compromis» d'ici vendredi, relève Mme Leuthard. Autre problème, des ONG exigent la fin des exportations suisses pour attribuer le secrétariat à Genève. Les deux ne sont pas incompatibles pour autant que la Convention n'est pas contournée, affirme le directeur général d'ONU Environnement Erik Solheim. «Il faut séparer» la revendication politique de ces ONG et la discussion sur cet organe «opérationnel», selon la présidente de la Confédération.

Devant les quelque 1300 délégués, dont le président de Guyana et près de 80 ministres, Mme Leuthard a salué un «succès pour le multilatéralisme». «Le nom de Minamata ne sera plus associé uniquement à un problème, mais aussi à une solution», a-t-elle dit.

Plus de 150 Etats à Genève

Après les Objectifs du développement durable (ODD) et l'Accord de Paris sur le climat, elle a mentionné un nouvel accord «historique» sur l'environnement, signé en 2013 mais entré en vigueur en août dernier. Celui-ci porte le nom d'une ville japonaise où un déversement industriel de mercure a provoqué, surtout dans les années 50, des troubles neurologiques chez de nombreuses personnes pendant des décennies.

«L'image d'enfants nés avec un handicap ou d'adultes victimes de troubles neurologiques a montré la vérité amère» du mercure, a dit la présidente. Au total, 154 pays sont présents à la COP1 à Genève, dont 128 signataires parmi lesquels figurent plus de 90 Etats parties à la Convention. (ats/nxp)

Créé: 28.09.2017, 17h12

Leuthard prête à donner un cheveu

Doris Leuthard est prête à se faire prélever un cheveu pour tester sa teneur en mercure. Des ONG l'avaient appelée en début de semaine à Genève à participer à leur stand en marge de la première Conférence des Etats parties à la Convention de Minamata.

«Si c'est essentiel pour la Suisse ou si c'est utile pour défendre les intérêts de la Suisse, allez-y», a dit devant quelques journalistes la présidente de la Confédération après son discours d'ouverture de la partie ministérielle de la COP1. Lundi, le réseau d'ONG IPEN, actif dans plus de 100 pays pour éliminer les dommages provoqués par les produits toxiques et les métaux lourds, avait proposé de tester le mercure présent dans les cheveux des quelque 1300 délégués à la conférence. Les résultats seront obtenus d'ici décembre. Le même jour, IPEN avait publié une étude financée notamment par Berne auprès de plus de 1000 femmes en âge d'avoir des enfants dans 25 pays de tous les continents. Les cheveux de plus de 40% d'entre elles ont révélé des valeurs de mercure supérieures à la norme minimale pour des troubles neurologiques. Et plus de 50% dépassaient celles à partir desquelles le bébé peut être affecté.

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