La mise en examen d'UBS inquiète peu les élus à Berne

Démarchage illiciteUBS a été mise en examen en France. Or la menace sur la banque et sur la place financière serait sans commune mesure avec les attaques américaines, jugent les parlementaires.

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La mise en examen d'UBS par la justice française provoque peu de vagues ce vendredi matin 7 juin à Berne. Occupés ces jours par la guerre fiscale avec les Etats-Unis, les parlementaires gardent la tête froide face à cette mise en examen de la banque en France.

«C'est ennuyeux pour la banque mais on ne va pas vers une nouvelle affaire UBS», estime le conseiller national Christian Lüscher (PLR/GE).

Les Américains possèdent l'arme ultime

La justice américaine avait condamné UBS à payer 780 millions de dollars d'amende et livrer des centaines de noms de titulaires de comptes en violation du secret bancaire. Prélude à une action de grande ampleur contre les banques suisses. «Il y a de très grandes différences, nuance le Genevois. D'abord UBS était accusée de délits pénaux sur le territoire américain. Dans le cas français elle est surtout accusée d'avoir attiré des clients fortunés.»

Contrairement à la justice américaine, la justice française ne s'applique pas hors des frontières. «Surtout, les Etats-Unis ont un pouvoir énorme que ne possèdent pas les autres pays, rappelle le conseiller national Louis Schelbert (Verts/LU), membre de la commission de l'économie et des redevances du National. Les Américains possèdent l'arme ultime: ils peuvent interdire aux banques de faire des transactions en dollars. »

«Cette action semble effectivement moins dangereuse que celle des Etats-Unis», abonde Dominique de Buman, vice président du PDC. Cela dit, le parlementaire fribourgeois «reste très prudent sur les conséquences possibles de cette mise en examen en France.»

Stratégie problématique

Le socialiste Jean Christophe Schwaab (VD) appelle à «ne pas sous-estimer» les conséquences possibles pour la banque, ni la détermination de la France à employer les grands moyens pour combattre l'évasion fiscale.

«La stratégie de captation fiscale des banques suisses ne nous attirera que des ennuis, et avec beaucoup de pays, avertit Jean Christophe Schwaab. Tant que la Suisse considérera que l'évasion fiscale n'est pas un problème, elle sera en porte-à faux avec ses partenaires. Et les partis bourgeois qui viennent de lancer une initiative populaire pour essayer de sauver le secret bancaire devraient y réfléchir.»

Créé: 07.06.2013, 13h12

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