La mission de l’ex-patron de l’Aéroport dérange

GenèveUn poste de chargé de mission a été créé pour Robert Deillon, après être resté onze ans à la tête de l’Aéroport.

Robert Deillon: «Pourquoi devrais-je partir plus tôt? s’étonne Robert Deillon. J’ai encore des fonctions à l’Airports council international world et Europe.»

Robert Deillon: «Pourquoi devrais-je partir plus tôt? s’étonne Robert Deillon. J’ai encore des fonctions à l’Airports council international world et Europe.» Image: Laurent Guiraud (Archives)

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Il a transmis les commandes de Genève Aéroport en septembre à son successeur et doit prendre sa retraite à la fin du mois de janvier, après onze ans de règne. En attendant, comment Robert Deillon, ex-directeur général de cet établissement public autonome, occupe-t-il son temps? Beaucoup se posent la question.

La passation des pouvoirs avec André Schneider, venu de l’EPFL, s’est faite plus rapidement que prévue. Programmée sur un mois, elle a en fait eu lieu en un éclair. Depuis, «Robert Deillon navigue entre son bureau et on ne sait où…» observe un employé, à la fois affligé et offusqué par ce spectacle. «Je ne sais pas très bien ce qu’il fait aujourd’hui, exprime une source bien informée. Robert Deillon n’a plus sa place aux côtés d’André Schneider qui a une vision, sait concerter, sait diriger une équipe. C’est un vrai pilote dans l’avion.» Le contraste entre les deux styles de management accentue le malaise, ressenti depuis des mois. Les relations catastrophiques entre Robert Deillon et Corine Moinat, présidente du conseil d’administration (CA), ne sont d’ailleurs un secret pour personne.

Alberto Velasco: «Juridiquement, il n’était pas possible de l’obliger à partir»

Membre du CA, Alberto Velasco exprime tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. «On n’aurait eu aucun inconvénient à ce que Monsieur Deillon parte plus tôt, mais il ne l’a pas voulu…» remarque-t-il. «Juridiquement, il n’était pas possible de l’obliger à partir. Alors, on lui a créé un poste de chargé de mission. Même au sein du conseil d’administration, on ne sait pas trop ce qu’il fait. Et cette ambiguïté entre l’ancien et le nouveau est gênante vis-à-vis de l’extérieur.»

Si le haut cadre ne faisait plus l’affaire, le CA était libre de résilier son contrat de travail. Mais voilà, par crainte qu’il ne se tourne vers la justice, le CA lui a finalement trouvé une «sortie acceptable», ajoute un interlocuteur. «Dans le privé, on prendrait moins de pincettes», admet Alberto Velasco.

Corine Moinat, qui affirme entretenir de bonnes relations avec Robert Deillon, ne voit pas où est le problème. «Ses conditions de départ sont réglées dans une convention. Il est chargé de mission pour le Conseil de direction du CA.» Qu’attend-on exactement de lui? «Il participe à des conférences, il reste membre de conseils d’administration en lien avec l’aéronautique. Il doit rendre des comptes au conseil de direction.» Et de préciser: «Robert Deillon a encore trois mois de vacances à prendre d’ici à la fin de janvier.»

Le patron le mieux payé des treize entreprises publiques du canton

L’ex-directeur général continue à toucher son salaire de base de 27'000 francs par mois et devrait percevoir son bonus pour l’année complète. Sa rémunération totale a atteint 455'000 francs en 2013, faisant de lui le patron le mieux payé des treize entreprises publiques du canton.

Contacté au congrès suisse de l’aviation à Zurich, Robert Deillon juge sa situation normale: «J’ai laissé mon poste plus tôt à mon successeur. Je n’ai pas fait comme mon prédécesseur.» A l’époque, Jean-Pierre Jobin avait gardé la main sur les affaires jusqu’au bout et Robert Deillon avait joué la doublure durant quatre mois. «Pourquoi devrais-je partir plus tôt? s’étonne Robert Deillon. J’ai encore des fonctions à l’Airports council international world et Europe.» Pour son départ à la retraite, une fête est prévue en janvier. Ambiance.

Créé: 16.11.2016, 07h38

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