«Mistinguette», ce n'est pas du harcèlement sexuel

Canton de VaudUne employée licenciée a été déboutée par le Tribunal fédéral, pour qui le surnom «Mistinguette» donné lors d'un apéritif n'a rien à voir avec du harcèlement sexuel.

Une employée licenciée réclamait une indemnité de plus de 50'000 francs devant la justice vaudoise.

Une employée licenciée réclamait une indemnité de plus de 50'000 francs devant la justice vaudoise. Image: Keystone

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Une employée licenciée ne peut pas invoquer un harcèlement sexuel parce qu'un supérieur l'a appelée «Mistinguette» lors d'un apéritif. Selon le Tribunal fédéral, ce surnom ne doit pas être compris comme une allusion à une danseuse de cabaret au sens moderne du terme.

La recourante avait réclamé en vain une indemnité de plus de 50'000 francs devant la justice vaudoise. Comptable dans une société de négoce, elle avait été licenciée à la suite de problèmes structurels.

Ayant entendu son supérieur la qualifier de «Mistinguette», elle invoquait un harcèlement sexuel. Selon elle, le surnom faisait référence à une danseuse de cabaret exhibant ses jambes devant un public. Une telle allusion ne pouvait être que dégradante à son égard.

Fameuse par sa grâce et son esprit

Dans un arrêt publié mercredi, le Tribunal fédéral se rallie à l'appréciation de la cour cantonale. Cette dernière avait estimé que, certes, Jeanne Florentine Bourgeois, alias Mistinguette, était une célèbre meneuse de revue et danseuse de cabaret de la Belle Epoque. Cependant, elle s'était rendue fameuse par sa grâce et son esprit. Sa biographie ne comportait aucune connotation négative.

Les juges fédéraux ajoutent que le terme est utilisé aujourd'hui pour désigner de manière affectueuse une jeune fille. Même si l'intention du supérieur n'était pas flatteuse et qu'il pensait peut-être à une «figure empanachée sur des jambes effilées», la comparaison ne relevait pas du harcèlement sexuel. Pour la justice, la barre ne doit pas être placée si bas lorsque l'auteur des propos désobligeants fait surtout étalage de son ignorance.

En outre, il y a une différence de taille entre une meneuse de revue ou une danseuse de la Belle Epoque et une artiste de cabaret au sens moderne du terme, «où il n'y a plus ni véritable artiste, ni cabaret-théâtre», conclut le Tribunal fédéral. (arrêt 4A_18/2018 du 21 novembre 2018). (ats/nxp)

Créé: 13.02.2019, 12h03

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