Monica Bonfanti: «La menace reste diffuse à Genève»

Attentat de NiceGenève s’appuie sur l’expérience de la France et de la Belgique pour s’adapter, explique la commandante de la police genevoise.

Monica Bonfanti, la commandante de la police genevoise

Monica Bonfanti, la commandante de la police genevoise Image: Laurent Guiraud

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Le canton a renforcé ce vendredi la sécurité autour des représentations diplomatiques et consulaires françaises, au lendemain de l’attentat de Nice. Cette mesure s’ajoute au dispositif de surveillance renforcé depuis les attentats du 13 novembre à Paris. Genève s’appuie sur l’expérience de la France et de la Belgique pour s’adapter, explique Monica Bonfanti, commandante de la police genevoise.

Quelles mesures ont été prises à Genève au lendemain de l’attentat de Nice?

Après les attentats de Paris du 13 novembre, nous avons relevé le dispositif général de sécurité, toujours en vigueur huit mois après. Il comprend notamment le renforcement de la sécurité à l’aéroport. Suite à l’attentat de jeudi soir à Nice, nous avons décidé de renforcer la sécurité sur les sites diplomatiques et consulaires français. Nous avons aussi pris en compte dans l’analyse les manifestations estivales.

Quelles mesures sont prévues pour les manifestations estivales?

Lors des festivités du 1er Août et durant les Fêtes de Genève, la présence policière sera renforcée de manière visible dans le but, notamment, de réduire le temps d’intervention s’il y a un problème, et cela en lien avec d’autres partenaires, comme les agents de la police municipale. Nous faisons appel à la vigilance des citoyens pour nous signaler toute situation particulière. Nous sommes aussi en contact étroit avec les services de renseignements de la Confédération, qui analysent la situation pour la Suisse.

Le degré de menace a-t-il évolué à Genève?

La menace reste diffuse à Genève, en raison des événements survenus chez nos voisins ces derniers mois, mais il n’y a pas de menace directe.

Comment qualifiez-vous l’attentat de Nice?

Le mode opératoire employé à Nice est brutal, difficilement détectable en amont, nécessite peu de préparation et induit une destruction massive de vies. Nous sommes face à une menace protéiforme.

Les polices ont-elles vraiment la capacité de faire face à des attaques quasi impossibles à parer?

Il ne faut pas être défaitiste. En amont, nous nous appuyons sur les services de renseignements. Ces derniers mois, nous avons eu des contacts avec nos homologues parisiens et bruxellois pour tenir compte de leurs expériences, du point de vue de la sécurité, mais aussi sanitaire. Nous avons mis en place une formation continue qui prépare les policiers genevois à s’adapter à l’adversaire, dont le modus operandi change continuellement. Il est vrai qu’avec cette nouvelle menace, il y a une accélération des apprentissages. C’est un grand défi à relever.

Une commission d’enquête parlementaire française a dressé début juillet une liste de 40 propositions pour lutter contre le terrorisme. Qu’en retirez-vous?

Nous avons lu ce rapport avec grand intérêt car nous pouvons apprendre de l’expérience des autres. Une réflexion est en cours au sein de l’état-major de la police genevoise et au niveau politique.

Combien de temps consacrez-vous désormais à la lutte contre le terroriste?

Je travaille en lien avec les commandants de police du concordat, avec l’Office fédéral de la police, l’Académie de police de Savatan, en plus de nos services de renseignements et des unités spécialisées, pour voir comment nous adapter. En moyenne, je consacre une journée par semaine à cette thématique, hors événement exceptionnel comme celui de Nice.

Comment avez-vous vécu la nuit passée?

(Silence) De façon générale, lorsqu’un attentat survient près de chez nous, mes nuits et mes journées sont chargées.

Créé: 15.07.2016, 19h42

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