Monsieur Europe joue la carte de la transparence dans le dossier Suisse-UE

Voie bilatéraleRoberto Balzaretti veut rétablir la confiance pour convaincre les Suisses de l’intérêt d’un accord-cadre.

Roberto Balzaretti a été nommé fin janvier secrétaire d’État aux affaires européennes.

Roberto Balzaretti a été nommé fin janvier secrétaire d’État aux affaires européennes. Image: Keystone

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Quel contraste avec la politique de Burkhalter. Alors que l’ancien conseiller fédéral faisait de la discrétion une condition sine qua non des négociations avec l’UE, le nouveau secrétaire d’État aux affaires européennes prend le pari inverse. «Pour la première fois dans l’histoire, nous mettons notre mandat de négociation sur la table de manière transparente», explique Roberto Balzaretti dans une interview parue lundi sur le site du think tank Avenir Suisse.

L’objectif du nouveau négociateur en chef avec l’UE est clair: rétablir la confiance et convaincre. Il parle ainsi d’un changement de paradigme. «Dans le passé, il y avait d'abord des consultations et des négociations secrètes, puis les résultats étaient publiés. Ce n’est qu’à ce moment-là que le débat politique débutait au niveau domestique, en se concluant, le cas échéant, par une votation populaire. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.»

Et de prendre l’exemple de l’accord institutionnel, désormais porté par Ignazio Cassis. «Nous avons commencé à expliquer ce que nous voulons atteindre et nous continuerons à le faire.» Revenant sur les «juges étrangers», il estime que si ce point s’est transformé en polémique, c’est parce que les porteurs du dossier ne pouvaient pas à l’époque expliquer de quoi il s’agissait. «Aujourd'hui, on ne peut plus parler de «juges étrangers» dans le même sens, car dans la négociation, nous voulons travailler avec un autre modèle, celui du Tribunal arbitral.»

Roberto Balzaretti prend aussi le contre-pied de ceux qui estiment que le Brexit pourrait offrir des avantages à la Suisse, en créant une brèche dans laquelle Berne pourrait s’engouffrer. «Au contraire. Nous avons besoin d’une UE forte. Plus elle est faible, plus il est difficile pour la Communauté d'accorder des dérogations à la Suisse.» Il espère ainsi que la phase de transition post-Brexit se déroule sans encombre.

Pour négocier l’accord-cadre avec l’UE, la fenêtre d’opportunité qui court jusqu’à l’automne reste un objectif, mais n’est pas une contrainte. «Bien sûr, en 2019, tout deviendra plus compliqué avec les élections européennes, une nouvelle Commission et nos propres élections. Mais en fin de compte, l’accord doit convenir à la Suisse. Si nous obtenons trop peu, nous nous en tenons au statu quo, avec tous ses avantages et ses inconvénients.»

À l’image d’Ignazio Cassis, il laisse ainsi entendre que cet accord-cadre avec l’UE n’est pas un but en soi, mais un moyen pour améliorer l’accès de la Suisse aux marchés. (24 heures)

Créé: 16.04.2018, 22h09

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