Monsieur Prix fâche les syndicats sur les ouvertures tardives

Votation sur les shopsStefan Meierhans pense que les magasins devraient ouvrir plus longtemps. Le socialiste Jean Christophe Schwaab juge scandaleux qu'un fonctionnaire prenne parti avant la votation du 22 septembre.

Stefan Meierhans, surveillant des prix de la Confédération.

Stefan Meierhans, surveillant des prix de la Confédération. Image: Keystone

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Le socialiste vaudois Jean Christophe Schwaab se dit «totalement scandalisé». L’ancien secrétaire central de l’Union syndicale suisse est en colère contre Monsieur Prix et la chronique qu’il a publiée dans Blick am Abend.

Stefan Meierhans y décrivait la cohue dans les magasins aux heures de pointe, juste avant la fermeture de 18h30: «Des files d’attente grandissantes et la certitude que l’on ne va plus pouvoir nettoyer. » Pour lui, il est grand temps d’adapter ces horaires aux habitudes d’achat des Suisses, qui ne sont plus les mêmes qu’il y a vingt ans.

«Ce plaidoyer est malvenu juste avant la votation du 22 septembre», estime Jean Christophe Schwaab. Le 22 septembre, les Suisses voteront en effet sur les assortiments de produits qu’offrent les shops d’autoroutes au milieu de la nuit. Vendre des produits frais entre 1h et 5h du matin nécessite en effet une réforme de la loi sur le travail, combattue par un référendum de la gauche et des syndicats. «Comment un fonctionnaire fédéral peut-il prendre position à quelques semaines d’une votation populaire? demande Jean Christophe Schwaab. L’Administration fédérale devrait être soumise à une stricte neutralité politique.»

Monsieur prix se défend

Stefan Meierhans s’étonne de cette attaque. Il se défend d’être sorti de son rôle: «Je n’ai pas écrit cette chronique en vue du 22 septembre. Je ne vois d’ailleurs pas de lien direct avec l’assortiment des shops, qui est le sujet principal de la votation. Ma chronique n’était pas liée à la votation», assure Monsieur Prix.

Jean Christophe Schwaab n’est pas convaincu: «Monsieur Prix est payé pour surveiller la cherté des produits, pas les horaires des commerces!» Faux, réplique Stefan Meierhans, les horaires sont bel et bien liés aux prix: «Je ne fais que décrire une situation, dit le Saint-Gallois. Nous avons abordé les heures d’ouverture des commerces dans nos travaux de 2012 sur la cherté du franc. Un chiffre d’affaires considérable se perd à cause du tourisme d’achat à l’étranger. Les détaillants nous expliquent que cette perte se répercute sur les prix. »

Lüscher soutient Meierhans

Christian Lüscher, conseiller national genevois (PLR) et auteur de l’initiative parlementaire «Libéraliser les heures d’ouverture des shops» à l’origine du changement de loi, vole au secours de Monsieur Prix: «Il est là pour secouer les habitudes, poser des bonnes questions, c’est un peu le poil à gratter du pays, juge le Genevois. Le surveillant des prix est un fonctionnaire atypique et il n’a pas à être strictement neutre.» (nxp)

Créé: 13.08.2013, 10h04

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