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SuisseLe MPC mène ses enquêtes à un train de sénateur

Le Ministère public de la Confédération voit ses procédures s'allonger. Au risque d'être dépassé par les délais de prescription surtout en matière de criminalité économique.

Les dossiers s'accumulent sur le bureau de Michael Lauber, le procureur de la Confédération.
Les dossiers s'accumulent sur le bureau de Michael Lauber, le procureur de la Confédération.
Keystone

Les enquêtes s'accumulent sur les bureaux du Ministère public de la Confédération (MPC). Le procureur fédéral Michael Lauber est entré en fonction en 2012. Or il reste 27 procédures en cours alors qu'elles ont été lancées avant cette date, explique le Tages-Anzeiger dans son édition du 18 décembre.

Le MPC a connu plusieurs déboires dans la criminalité économique. Le dernier échec en date et peut-être le plus cuisant a été infligé au début décembre, lorsque le Tribunal pénal fédéral a rejeté l'acte d'accusation dans la procédure sur la faillite de Fera à Lucerne et de sa maison-mère Blue Steel Holding.

Des années de procédures

Les services de Michael Lauber enquêtent depuis 2010 sur ce dossier. Or dans la criminalité économique, la période de prescription s'élève à 15 ans, ce qui veut dire que l'échéance se rapproche. On parle de plus de 200 millions de francs évaporés dans des exportations fictives.

Une porte-parole du MPC a expliqué ce revers par la «complexité de l'enquête avec des ramifications internationales», en plus de «l'analyse d'une grosse quantité de données et de l'interrogatoire de nombreuses personnes.»

Cet échec illustre un des plus gros défis du MPC: l'allongement de ses enquêtes. Accusés et parties lésées doivent ainsi y faire face durant des années. Michael Lauber et ses équipes n'ont pas encore bouclé sept procédures datant des années 2000, comme l'accusation de blanchiment d'argent contre le financier allemand Florian Homm, en cours depuis 2009.

Près de la moitié des enquêtes en cours

Plus inquiétant encore, les enquêtes s'accumulent. A la fin 2013, 109 procédures pénales duraient depuis plus de deux ans. A la fin 2017, ce nombre avait bondi à 234, soit près de la moitié des enquêtes en cours. Le MPC ne veut pas s'exprimer sur la nature de ces procédures mais il s'agit souvent de criminalité en col blanc.

Comme l'avait reconnu une porte-parole, «les bureaux du MPC traitent (...) des procédures complexes avec des flux financiers internationaux. L'interdépendance mondiale de ces procédures exige une coopération internationale sous la forme de demandes d'assistance juridique étendues, généralement dans un environnement politique sensible.»

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