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Le National croise le fer sur la place financière suisse

Le débat urgent a été musclé jeudi entre la gauche qui plaidait pour l'échange automatique des données, l'UDC qui critiquait l'absence de stratégie du gouvernement et les autres qui soutenaient le Conseil fédéral.

Les spectateurs ont assisté depuis la tribune à une belle passe d'armes entre les différents partis.
Les spectateurs ont assisté depuis la tribune à une belle passe d'armes entre les différents partis.
Keystone

Les parlementaires ont pu réitérer jeudi leur vision de la place financière lors d’un débat urgent au National. La gauche a plaidé pour l’échange automatique d’informations, l’UDC pour la fin des capitulations devant l’étranger, les autres partis bourgeois soutenant la ligne du Conseil fédéral.

Il faut prendre le taureau par les cornes et arrêter de n’agir que sous la pression internationale. Celle-ci va continuer et l’échange informatique d’informations sera inéluctable, a assuré Susanne Leutenegger Oberholzer (PS/BL) en appelant à une réelle stratégie de l’argent propre.

Si vous voulez supprimer le secret bancaire, il faut lancer une initiative populaire, a rétorqué Hans Kaufmann (UDC/ZH). Ce dont la place financière a besoin, c’est la sécurité juridique et le retour de la confiance de la clientèle étrangère. Et le Zurichois d’accuser le Conseil fédéral de n’avoir aucune stratégie, si ce n’est capituler et réguler à outrance pour un coût de 3 milliards.

La Suisse doit s’adapter aux standards internationaux mais il ne faut pas être trop perfectionniste, a estimé Dominique de Buman (PDC/ FR). Il a invité la ministre des finances Eveline Widmer-Schlumpf à continuer les négociations internationales en exigeant des contreparties à chaque concession et à s’engager pour l’accord bilatéral avec l’Union européenne sur les services.

Halte à la trahison

Selon Christian Lüscher (PLR/GE), il ne faut ni s’isoler, ni affaiblir la place financière. Le PLR veut une place financière forte qui accueille des revenus fiscalisés et respecte la sphère privée. Il appelle le Conseil fédéral à continuer sa politique en ce sens.

Comment peut-on réclamer l’échange automatique d’informations qui provoquerait l’effondrement de la place financière et prétendre défendre les intérêts des employés, a-t-il lancé à l’adresse de Jean Christophe Schwaab (PS/VD).

Président romand de l’Association suisse des employés de banque, ce dernier a accusé de trahison les cinq banques ayant transmis à Washington des informations sur leurs employés.

La carrière des concernés est en danger, le Conseil fédéral doit leur obtenir des garanties dans un accord global avec les Etats- Unis. Et le socialiste d’appeler le gouvernement à changer de cap. Le secret bancaire n’existe plus, il n’y a plus que l’UDC pour ne pas s’en apercevoir, a relevé Daniel Vischer (Verts/ZH) en plaidant lui aussi pour un échange automatique qui mettrait tous les pays à égalité.

Encore des accords fiscaux

La gauche risque toutefois d’être déçue. La Suisse continuera à miser sur des accords de double imposition et l’imposition à la source, a annoncé la ministre des finances. Il n’existe pas d’autre solution pour régler le passé dans le cadre du droit actuel, a-t- elle insisté.

Très attendue, la stratégie de l’argent propre ne sera mise en consultation qu’en janvier afin de la coupler avec la stratégie contre le blanchiment d’argent, a prévenu Mme Widmer-Schlumpf. Elle visera à renforcer la place financière et de ne plus accepter d’argent non déclaré.

La ministre s’est une nouvelle fois défendue d’avoir livré les employés des banques suisses en pâture à Washington. Elle s’est réjouie que la commission de gestion du National se penche sur la question. L’organe de surveillance parlementaire n’a pas encore décidé d’ouvrir une enquête, a précisé son président Ruedi Lustenberger (PDC/LU), mais celle-ci est «très probable».

(ats)

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