Le National rejette l'initiative populaire «Cleantech»

EnergieL'initiative populaire «Cleantech» du PS, qui demande que la Suisse atteigne 50% de courant vert d'ici 2030, est irréaliste et en partie obsolète. C'est du moins ce qu'estime le Conseil national.

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L’initiative populaire «Cleantech» du PS, qui demande que la Suisse atteigne 50% de courant vert d’ici 2030, est irréaliste et en partie obsolète. Fort de cet avis, le Conseil national a décidé mardi par 111 voix contre 68 de recommander son rejet. Il débattra jeudi d’un contre-projet indirect.

L’initiative populaire «de nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables» exige que la Suisse se libère progressivement du nucléaire et du pétrole. Comme première étape, elle fixe pour 2030 une part de 50% de l’approvisionnement par des énergies «vertes», au lieu de 20% aujourd’hui.

Le texte table sur la création de plusieurs milliers de postes de travail. Le potentiel est énorme dans les secteurs du transport et de l’assainissement des bâtiments, ont estimé plusieurs conseillers nationaux socialistes, à l’instar du Neuchâtelois Jacques-André Maire.

Les petites et moyennes entreprises (PME) de toute la Suisse en profiteront, notamment dans les régions périphériques, où le potentiel en matière d’énergie éolienne ou de biomasse est grand, a renchéri Alec von Graffenried (Verts/BE).

«Pas à pas»

Le développement des «cleantech» est très important, mais le calendrier proposé est irréaliste, a fait valoir mardi Laurent Favre (PLR/NE), au nom de la commission préparatoire. Avec sa stratégie énergétique 2050, le gouvernement fait déjà preuve de beaucoup d’ambition, a estimé la conseillère fédérale Doris Leuthard. Ce projet, qui prévoit davantage de courant vert et d’efficacité énergétique pour compenser l’abandon du nucléaire, mise sur un approvisionnement de 40% d’énergies renouvelables en 2040.

La sortie du nucléaire se fera «pas à pas»: les gens ne peuvent pas remplacer leurs installations de chauffage ou rénover leur maison du jour au lendemain, a estimé la ministre de l’énergie. Quant aux autres objectifs du PS - le renforcement de l’encouragement de la recherche et l’ajustement des prescriptions applicables aux installations, véhicules et appareils - ils ont déjà été réalisés. Les opposants à l’initiative ont critiqué un texte dépassé, car lancé en 2010, avant la catastrophe de Fukushima et la décision du Conseil fédéral de sortir du nucléaire. Soutenir ce texte, c’est comme «être communiste après la chute du mur de Berlin», a lancé Yannick Buttet (PDC/VS).

Craintes pour les emplois

Plusieurs élus bourgeois ont aussi mis en doute les promesses du PS en matière d’emplois. Les hausses des coûts de l’énergie pour les entreprises engendreraient au contraire des suppressions de postes ou des délocalisations, ont-ils fait valoir. Certains conseillers nationaux, comme Isabelle Moret (PLR/VD), ont cité l’exemple de l’Espagne. Ce pays a investi près de 670’000 euros par emploi créé dans le domaine du «cleantech» et a perdu de très nombreux postes dans l’industrie classique. Elle a critiqué le subventionnement étatique à tout-va.

L’initiative crée des emplois en Suisse: il est évident qu’on ne peut pas délocaliser à Shanghai l’isolation et l’assainissement énergétique d’une maison, a répondu Roger Nordmann (PS/VD). De plus, le texte permet d’éviter le développement de centrales à gaz pour remplacer le nucléaire.

Aux yeux des socialistes, la Suisse doit miser sur les technologies d’avenir. Le Conseil fédéral partage cet avis, raison pour laquelle il a adopté un «masterplan cleantech», qui veut faire du pays un leader dans ce domaine d’ici 2020, a rappelé Doris Leuthard. Le nombre d’emplois qui seront créés est toutefois difficile à chiffrer.

Contre-projet

Le plénum se prononcera jeudi sur un contre-projet indirect élaboré par sa commission de l’énergie. Le texte prévoit d’augmenter la production de courant vert, tout en soulageant les entreprises énergivores. La commission propose de ne mettre en vigueur cette révision de la loi sur l’énergie que si le PS retire son texte ou si celui-ci échoue en votation.

Quant au Conseil des Etats, il doit encore se prononcer sur l’initiative «Cleantech». (ats/nxp)

Créé: 12.03.2013, 15h20

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