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SuisseD'autres négociations avec l'UE encore possibles

Le président de l'Union patronale suisse s'est exprimé dans la presse dimanche pour évoquer l'accord-cadre.

Valentin Vogt est le président de l'Union patronale suisse.
Valentin Vogt est le président de l'Union patronale suisse.
Keystone

Quelle est la marge de manoeuvre de la Suisse dans l'accord-cadre avec l'UE? Le président de l'Union patronale est convaincu que d'autres négociations sont possibles. A l'inverse, le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis et des politiciens européens mettent en garde contre une érosion des relations.

«C'est de la politique», a indiqué le président de l'Union patronale suisse, Valentin Vogt, dans une interview à la NZZ am Sonntag. Il faisait référence aux déclarations de l'UE pour qui il n'est pas envisageable de suspendre ou reporter les négociations. L'UE a également souligné que d'éventuelles nouvelles négociations ne pourraient pas avoir lieu avant 2020.

«J'en suis convaincu»

Si Berne soumet à l'UE une solution raisonnable, qui bénéficie du soutien aussi bien des employeurs suisses que des employés, il est probable qu'il y ait encore de la place pour la discussion. «J'en suis convaincu», a dit Valentin Vogt.

Les syndicats et les employeurs ont un intérêt commun: «Nous voulons poursuivre à long terme la voie bilatérale avec l'UE et ne pas assouplir la protection des salaires». L'art est de trouver une voie intermédiaire entre la perte de certaines compétences et la préservation de l'accès au marché intérieur de l'UE.

Le président de l'Union patronale croit que l'UE pourrait continuer d'envoyer ses «piques» au niveau de la bourse, de la coopération en matière d'enseignement ou des taxes douanières sur l'acier. C'est pourquoi il faut une solution.

Un milliard par jour

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a aussi souligné ce point samedi dans l'émission «Samstagsrundschau» de la radio alémanique: quand les relations ne sont pas réglées, c'est toujours le plus fort qui gagne. L'accord-cadre offrirait la sécurité juridique nécessaire pour que ces «piques» de l'UE ne surviennent plus.

Certes, sans accord, le Conseil fédéral peut toujours élaborer un plan B dans tous les domaines. Cela implique aussi des coûts. «Une relation réglée avec l'UE coûte moins cher que de travailler avec des plans B», a relevé le chef de la diplomatie suisse.

Chaque jour ouvrable, des marchandises pour une valeur d'un milliard de francs sont échangées entre la Suisse et l'UE. Pour cela, de bonnes relations ainsi que des accords juridiques, qui garantissent l'accès à ce marché intérieur, sont nécessaires.

Aujourd'hui, dans l'UE, plus personne n'attend la Suisse. «Nous devons être proactifs pour avoir accès au marché», a dit M. Cassis. Si les négociations devaient échouer, le chef du DFAE s'attend au mieux à ce que les relations s'érodent. «Dans le pire des cas, l'UE pourrait aussi dénoncer des traités», a-t-il ajouté.

Nouvelles cartes en 2019?

Le député européen allemand Andreas Schwab, membre de la délégation qui s'occupe des relations avec la Suisse, a également mis en garde contre une «érosion» des relations bilatérales sans accord-cadre. Il n'y aura pas de nouvel accord, a-t-il dit au journal alémanique «Sonntagsblick». «Nous avons maintenant un créneau unique pour boucler les négociations avec succès».

L'ancien ambassadeur suisse Paul Widmer n'accepte pas cet argument: «Il n'y a aucune affaire qui doit être traitée tout de suite. Bien plus, il s'agit de problèmes qui doivent être résolus à plus long terme», a-t-il déclaré samedi dans l'émission «Echo der Zeit» de la radio alémanique.

Les négociations sont parfois comme la voile: quand il n'y a plus de vent, il faut attendre la prochaine bourrasque. Or il faut aussi compter avec cela, car non seulement les négociations peuvent changer, mais aussi les circonstances, selon Paul Widmer.

Ainsi en Suisse deux nouvelles conseillères fédérales prendront leurs fonctions en janvier et l'Union syndicale suisse a un nouveau président depuis début décembre. A Bruxelles aussi des changements sont attendus l'an prochain avec l'élection d'un nouveau parlement européen et d'un nouveau président de la Commission européenne.

ats

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