Si «No Billag» coule, voici les missions de la SSR

Radios-TV publiquesLe Conseil fédéral a mis en consultation le projet de nouvelle concession pour la SSR. Il essuie déjà les critiques à droite.

Image: Keystone

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Alors que la bataille sur l’initiative «No Billag» fait rage et que la SSR se fait canarder par la NZZ, le Conseil fédéral garde tranquillement son cap. Il a mis mardi en consultation le projet de la nouvelle concession qui sera octroyée aux radios-TV publiques (SSR) dès 2019. Ce cahier des charges deviendra bien sûr caduc si le 4 mars les Suisses décident de supprimer la redevance. Les grandes missions de la SSR ne changent pas. Elle doit proposer des prestations journalistiques qui «répondent à l’intérêt commun et fournissent au public une information fiable sur l’État et la société». Elle doit favoriser la cohésion nationale et offrir des programmes de même valeur en Suisse alémanique, en Romandie et au Tessin. Les Romanches, vu le faible nombre de locuteurs, ne sont pas oubliés mais ne peuvent prétendre à un programme complet.

Côté programmes, c’est l’information qui doit se tailler la part du lion. La présidente de la Confédération ne cesse de marteler que ce secteur doit absorber au moins 50% des recettes de la redevance. Actuellement on est plutôt autour des 40%. Quels sont les autres secteurs à couvrir? Dans la concession, l’ordre suivant est défini: la culture, la formation, le divertissement et le sport. Le gouvernement a constaté, à la lecture du rapport sur le service public, que les auditeurs et téléspectateurs de la SSR étaient passablement âgés. Voilà pourquoi il demande qu’un gros effort soit fait en faveur des jeunes. Cela se traduit dans l’article 13: «La SSR propose des offres axées sur la réalité quotidienne et les intérêts des jeunes. Elle offre à ces derniers une orientation adaptée à leur âge et encourage leur participation à la vie politique, économique, sociale et culturelle.» Et cela doit passer par les nouveaux supports que sont les smartphones. Le Conseil fédéral demande aussi à la SSR de se démarquer davantage des privés, de prendre plus de risques dans les formats innovants, que ce soit dans l’information ou le divertissement.

Publicité pour groupes cibles

Côté recettes, la SSR a reçu un atout supplémentaire. Elle pourra désormais diffuser de la publicité à des groupes cibles spécifiques dans les programmes de télévision. Cela mécontente fortement les éditeurs suisses qui craignent une concurrence déloyale. 1,2 milliard par an, pas plus. Le Conseil fédéral a récemment fixé les règles du jeu de la redevance sur le plan financier. La perception obligatoire pour les ménages passera de 451 à 365 francs par année. Mais la SSR verra, et c’est nouveau, sa manne plafonnée à 1,2 milliard par an. Vu la hausse du nombre des ménages, la SSR disposait jusqu’ici de rentrées en constante augmentation.

La consultation sur cette nouvelle concession ne sera pas un long fleuve tranquille. Les partis de droite critiquent la rente de situation de la SSR et souhaiteraient que son périmètre soit quelque peu rogné pour ne pas faire de l’ombre aux privés. À gauche et au centre, on est en revanche globalement satisfaits par les prestations du service public. Ajoutons qu’une nouvelle loi sur les médias électroniques est en préparation. Cette dernière est aussi tributaire du vote sur «No Billag».

Créé: 19.12.2017, 20h29

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