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De nombreuses femmes pourraient éviter la chimiothérapie

Une étude montre que ce traitement n'est pas nécessaire contre certains cancers du sein.

C’est une bonne nouvelle pour les femmes atteintes d’un cancer du sein dit «hormonosensible». Une étude présentée à la conférence annuelle de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO), à Chicago, montre que beaucoup d’entre elles peuvent se contenter d’un traitement antihormonal après la chirurgie. Et éviter ainsi les nausées, la perte des cheveux et les autres maux provoqués par la chimiothérapie. L’étude a été menée auprès de 10'000 femmes souffrant d’un cancer du sein localisé, sensible aux hormones féminines et sans atteinte aux ganglions. Faut-il pratiquer une chimiothérapie dans un tel cas? Pour répondre à cette question, les médecins analysent certains gènes tumoraux, qui permettent de déterminer le risque de récidive et l’absence de bénéfice d’une chimiothérapie.

Plusieurs tests de ce type sont disponibles et remboursés en Suisse depuis 2014. L’étude a évalué l’un d’eux. Son résultat se présente sous forme d’un score, entre 0 et 100. Si le résultat est supérieur à 25, les patientes sont considérées à haut risque de récidive: une chimiothérapie est conseillée. À l’inverse, lorsque le score est inférieur à 11, le risque de récidive est faible et une hormonothérapie seule est suffisante.

Mais, entre ces deux valeurs, il existe une zone intermédiaire (qui concerne 69% des malades de l’étude). Les patientes et leurs médecins sont alors confrontés à un dilemme entre le risque et le bénéfice de la chimiothérapie. L’étude conclut que, pour les femmes de plus de 50 ans se situant dans cette zone grise, le taux de survie sans récidive après neuf ans n’est pas différent sans recours à ce traitement. Par contre, la chimiothérapie présente un bénéfice pour les femmes plus jeunes, dont le score se situe entre 16 et 25.

2000 femmes par an en Suisse

«Ce résultat est important. Il nous conforte dans l’idée que des patientes présentant un risque intermédiaire de récidive n’ont pas besoin de chimiothérapie», se réjouit Alexandre Bodmer, médecin adjoint responsable de l’unité d’oncogynécologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Le Genevois insiste sur le fait que ces conclusions sont valables pour un certain type de tumeur et principalement pour des femmes de plus de 50 ans. Elles n’en sont pas moins importantes: sur les quelque 6000 nouveaux cancers du sein diagnostiqués en Suisse chaque année, on peut estimer qu’environ 2000 entrent dans la zone grise.

Ces nouvelles données vont permettre de mieux cibler les soins. «Cela correspond à la tendance actuelle d’une médecine personnalisée, entraînant une certaine diminution des indications aux chimiothérapies, qui ne sont de loin pas une sinécure, poursuit Alexandre Bodmer. Si ce traitement ne fait pas mieux que l’hormonothérapie seule, en termes de réduction du risque de récidive, les patientes concernées seront très heureuses de pouvoir y échapper.»

Une deuxième étude publiée en marge de la conférence de Chicago apporte une autre bonne nouvelle. Elle concerne le cancer du poumon. Là, l’espoir vient de l’immunothérapie. Ces nouveaux traitements, qui ne fonctionnent pas contre tous les types de mélanome, aident le système immunitaire à attaquer la tumeur. L’un des médicaments utilisés dans ce cadre s’appelle le pembrolizumab. L’étude montre que, pour deux tiers des patients qui ont le type de cancer du poumon le plus fréquent, le pembrolizumab est meilleur que la chimiothérapie.

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