Nouvelle enquête sur le tir d'un policier

ZuichLe Tribunal fédéral a admis le recours de la victime qui avait été grièvement blessée par un policier en 2015. Le Ministère public zurichois doit reprendre l'enquête.

Tribunal fédéral.

Tribunal fédéral. Image: Keystone

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Le Ministère public du canton de Zurich doit reprendre son enquête sur un policier qui avait tiré 11 coups de feu contre un homme armé d'un couteau à viande.

L'incident s'était déroulé en décembre 2015. La victime, un Ethiopien âgé alors de 42 ans, avait attiré l'attention d'une patrouille de la police de la ville de Zurich alors qu'il déambulait dans la rue avec un couteau de 25 centimètres à la main.

Une autre patrouille avait été alertée et les cinq policiers présents avaient tenté d'appréhender et de contrôler le suspect. Ce dernier s'était alors précipité vers un agent en criant «kill me, kill me». Deux des policiers avaient alors tiré 13 coups de feu, atteignant leur cible à 6 reprises. L'Ethiopien avait subi des blessures mettant sa vie en danger.

Incertitudes sur l'usage de l'arme

Le Ministère public avait mis un terme à l'instruction pénale contre les deux policiers en mars 2018. Dans un arrêt publié vendredi, le Tribunal fédéral demande que l'enquête soit réouverte contre le policier qui a tiré 11 balles.

Selon les juges de Mon Repos, les incertitudes entourant les faits ne permettent pas de déterminer si l'usage de l'arme de service par le tireur était conforme. La Cour suprême du canton de Zurich s'était fondée sur des hypothèses pour écarter les soupçons nourris à l'égard du policier.

L'agent avait admis lui-même avoir tiré à deux reprises dans la poitrine de la victime. Il avait ensuite battu en retraite, avait heurté le pare-choc d'une des voitures de police et était tombé à la renverse. Il avait alors tiré à nouveau car l'homme au couteau s'était penché vers lui.

Le policier et l'Ethiopien s'étaient ensuite empoignés. Pour le Tribunal fédéral, il paraît douteux que l'agent ait encore tiré durant la bagarre car la distance de tir a été évaluée à un demi-mètre au moins pour chacun des impacts.

Une procédure pénale avait été également ouverte contre la victime. Le Tribunal d'arrondissement de Zurich l'a libérée en 2016 de l'accusation de tentative de lésions corporelles graves. Il est apparu que l'homme souffrait de troubles psychiques et était irresponsable au moment des faits. (arrêt 6B_1183/2018 du 25 mars 2019) (ats/nxp)

Créé: 05.04.2019, 12h00

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