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L’ombre russe plane sur le procureur général de la Confédération

Lors de visites de travail à Moscou, Michael Lauber et son équipe ont reçu de très beaux cadeaux. Tentative de corruption?

Michael Lauber.
Michael Lauber.
PHILIPPE MAEDER -A

Hôtel de luxe, cuisine soignée, alcool de prix. C’est l’histoire d’un très beau voyage professionnel qu’a raconté ce dimanche la NZZ am Sonntag. Celui du procureur général de la Confédération Michael Lauber, invité en mars 2016 par son homologue russe, Youri Tchaïka. L’objet de la rencontre à laquelle participait une grosse délégation du Ministère public de la Confédération: un échange de vues sur les défis de la lutte contre la corruption.

Générosité russe

Jusque-là, pas grand-chose à y redire. Mais, selon le journal dominical, qui site une source bien informée, le procureur général de Russie ne s’est pas contenté de recevoir très confortablement ses hôtes suisses. Il les a également couverts de cadeaux: vodka, caviar, et ainsi que des garnitures en porcelaine emballées dans une grosse valise. Des présents si volumineux que la délégation n’a pas réussi à les caser dans l’avion de retour. Ils ont dû être entreposés dans les locaux de l’ambassade suisse à Moscou.

Si l’échange de cadeaux est une pratique courante dans les voyages diplomatiques, «ces cadeaux n’avaient rien d’habituels. Il était parfaitement clair que le bureau du procureur général russe voulait calmer le procureur fédéral Michael Lauber», raconte encore la source de la NZZ am Sonntag. Pour elle, pas de doute: les Suisses ont été gâtés!

Limite franchie?

Une limite a-t-elle été franchie, exposant le procureur général à des pressions russes? Michael Lauber rejette les accusations. «Dans les échanges internationaux, il y a des pratiques auxquelles on ne peut échapper. Beaucoup d’hôtes sont généreux, y compris les Russes, explique sa porte-parole. Les contacts personnels entre procureurs généraux sont importants. Ils constituent une base pour que la Suisse bénéfice d’une aide juridique dans les cas délicats».

La NZZ am Sonntag s’interroge pourtant de l’empressement avec lequel le Ministère public de la Confédération a classé les accusations contre le fils de Youri Tchaïka, Artem. Ce dernier était soupçonné d’avoir transféré de l’argent criminel de la Russie à la Suisse. L’affaire avait été bouclée quelques semaines avant le fameux voyage suisse à Moscou.

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