Pour ses opposants, Sion 2026 incarne le Valais du passé

Candidature aux JO 2026Un comité de citoyens et de politiciens valaisans fait front contre Sion 2026. Pour eux, l’avenir du Valais s’écrit sans Jeux Olympiques.

Benoit Carron, psychologue, Mathias Reynard, conseiller national (PS/VS) et Barbara Lanthemann, président du Parti socialiste valaisan, font partie de ce comité élargi contre Sion 2026.

Benoit Carron, psychologue, Mathias Reynard, conseiller national (PS/VS) et Barbara Lanthemann, président du Parti socialiste valaisan, font partie de ce comité élargi contre Sion 2026. Image: KEYSTONE

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Durant plus d’une heure d’argumentaire mardi à Sion, les opposants à la candidature valaisanne aux Jeux d’hiver de 2026 n’ont presque jamais abordé le cœur du projet. Il n’a pas été question du détail du budget, ni même des infrastructures à construire, ou encore de la répartition des sites. Ils estiment ne pas avoir besoin d’aborder ces enjeux. Car ils se méfient trop du Comité international olympique (CIO) pour envisager avec lui un mariage qui laisserait aux Valaisans le soin de payer une dot bien trop élevée. Surtout, ils affirment que le Vieux-Pays n’a pas besoin des JO pour avancer.

Il y a là des politiciens de gauche, dont le conseiller national Mathias Reynard, mais aussi des membres de la société civile, architectes, psychologue, avocat ou encore l’ancien porte-parole de la police cantonale Jean-Marie Bornet. Tous ont décidé de se mobiliser contre le projet soumis au vote des Valaisans le 10 juin. En marge de l’UDC et des Verts qui livrent bataille sur d’autres fronts, ce comité ne s’est pas fait prier, dans une salle de 15 m2, pour pointer du doigt la disproportion des moyens investis dans la campagne. Mathias Reynard dénonce «une propagande sans aucune limite» de la part des artisans de la candidature.

Une artillerie lourde qui fait peur mais qui va voir ses munitions lui exploser à la figure. C’est du moins le sentiment de Benoît Carron, psychologue, qui assure qu’une majorité silencieuse «n’ose pas prendre position, de peur d’être jugée, stigmatisée ou qualifiée de rétrograde».

«Une caricature du Valais»

Le président sortant de la Société valaisanne des ingénieurs et architectes, Léonard Bender, noircit encore ce tableau. Il qualifie Sion 2026 de caricature du Valais d’aujourd’hui. «Ce sont quelques promoteurs qui dictent l’agenda, les femmes sont quasi absentes des sphères dirigeantes, le développement durable est un pis-aller, le débat faussement démocratique, les esprits critiques sont déconsidérés et on nomme les petits copains aux différents postes clés.» Une description qui en dit long sur le climat qui règne en Valais. Avec ces Jeux, le canton s’enferme dans un projet «du passé, un projet pour ceux qui n’ont pas de projet», entend-on encore.

Le passé, c’est justement ce que veut éviter l’avocat Alain Cottagnoud, jadis directeur juridique de la candidature de Sion 2006. Hors de question pour lui de vivre «une nouvelle humiliation», qui rappellerait la désillusion vécue en 1999 lors de l’attribution des Jeux à Turin. À ses yeux, les porteurs du projet de l’époque «étaient au moins plus malins que ceux d’aujourd’hui» et avaient planifié la prise en charge d’un éventuel déficit.

Chantage «indécent»

Le mensonge, c’est aussi ce qui a déterminé la position de Mathias Reynard. L’élu socialiste ne s’en cache pas, il aurait pu être favorable au projet. Mais il ne croit pas aux promesses de changement du CIO, «un organisme corrompu, aux méthodes mafieuses qui persistent». Il déplore aussi une campagne entachée d’un véritable déficit démocratique, avec un vote qui intervient «bien trop tard».

Et par-dessus tout, il s’étrangle en voyant la Confédération prête à sortir 1 milliard de francs de son chapeau pour ce projet alors que les coupes n’ont épargné ni l’éducation, ni le social, ni l’aide au développement, ni la culture. «Dans ce contexte, faire du chantage autour de ce milliard qui n’est même pas budgétisé est indécent.» Une note concrète sur une opposition qui se base avant tout sur des questions de priorité. (24 heures)

Créé: 15.05.2018, 19h05

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