Oscar Tosato imagine «Carlos» champion de boxe

DélinquanceLe municipal de Lausanne en charge de l'Enfance ne critique pas les décisions prises à Zurich pour gérer le délinquant violent. Elles étaient logiques et explicables selon lui.

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«Carlos» (17 ans) est devenu le délinquant le plus célèbre du pays. Ce mineur au passé pénal chargé (vols et violences) était choyé par l'Office de protection de la jeunesse du canton de Zurich.

Après avoir poignardé grièvement un jeune homme, il y a deux ans, «Carlos» a échappé à un internement. Au lieu de cela il vivait dans un appartement de Reinach (BL), entouré d'assistants, prenant des cours particuliers avec un champion de boxe thaïe. Le tout pour plus de 22'000 francs par mois.

Un scandale, une erreur de la société?

Face au tollé et aux pressions politiques, «Carlos» a été placé dans une institution fermée depuis quelques jours.

Un scandale, une erreur de la société? Oscar Tosato, municipal lausannois en charge de l'Enfance, de la Jeunesse et de l'Education, ne le pense pas en ces termes. «L'affaire Carlos est une situation outrancière, reconnaît le Lausannois. Mais elle montre surtout la complexité de toutes les interventions sociales. Il n'y a pas de réponse simple à l'indigence, à la pauvreté ou à une volonté de vivre à contre-courant.»

Le municipal romand comprend les décisions qui ont mené au traitement de faveur de Carlos: «C'est quelqu'un qui avait des rêves très jeunes qu'il n'a pas pu réaliser. Tout le défi consistait à accompagner quelqu'un comme lui en lui faisant voir qu'il a pu toucher son rêve. Peut-être qu'il deviendra un jour champion du monde de kick-boxing et les Suisses s'en vanteront. »

Une partie des Suisses voit pour l'instant un délinquant et éprouve de la colère... «Je le conçois, dit Oscar Tosato. Mais le footballeur Mario Balotelli a été jusqu'au bout de son rêve et il joue dans l'équipe nationale italienne. Mais si vous le suivez un peu et vous écoutez ce qu'il dit vous vous dites que c'est heureux qu'il soit un champion au football.»

Relativiser les coûts

La polémique sur les moyens financiers doit aussi être relativisée, souligne l'élu socialiste: «La prise en charge d'une telle personne vise à éviter qu'elle poursuive son attitude délictueuse qui coûte beaucoup plus cher. Aujourd'hui lorsque vous proposez à un toxicomane d'aller dans une institution fermée pour un traitement de substitution cela coûte jusqu'à 300 francs par jour. Si cette même personne reste dans la rue, qu'elle commet des vols et démolit des voitures, cela coûtera davantage à l'ensemble de la société.»

Une colère normale

Cela dit Oscar Tosato comprend parfaitement l'agacement de certains citoyens: «Pour celui qui travaille 40 heures par semaine, qui peine à nouer les fins de mois et qui n'a jamais eu l'idée d'agresser personne, de fumer des joints ou de faire n'importe quoi, il y a de quoi s'insurger. Ce sont des sentiments humains normaux.»

Il y a des récupérations politique inévitables, constate le Lausannois, mais «il faut que chacun soit clair avec son éthique. Je pense en ce qui me concerne que nous devons dépasser l'étape de toujours trouver des boucs-émissaires.»

Il n'imagine pas une situation comparable à celle de «Carlos» actuellement en Suisse romande: «Si cela existait, cela se saurait.»

Créé: 03.09.2013, 14h43

Oscar Tosato (PS) est municipal de la ville de Lausanne (Image: Keystone )

Lausanne en tête

Aide sociale. Les Lausannois recourent plus souvent à l'aide sociale que les habitants des villes alémaniques. C'est ce que montre le rapport de l'Initiative des villes pour la politique sociale.

Le taux de Lausannois ayant recours à cette aide est de 10,3%, contre 4,7%à Zurich, 5,3% à Berne ou 6,4% à Bâle.

Les plus défavorisés. Le municipal lausannois Oscar Tosato en expliquait les raisons mardi 3 septembre à Berne: «C'est dû à la structure de la société, ce taux est proportionnel au taux de chômage et au nombre d'étrangers qui sont les plus défavorisés. En Suisse romande il y a aussi un grand nombre de familles monoparentales, une catégorie qui a souvent besoin d'aide pour vivre.»

Pas de chiffres. Lausanne ne ferait pas exception en Suisse romande, mais es autres villes ne livrent pas leurs chiffres pour ce comparatif national, à l'exception de Bienne (11,4%).

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