Le pape des sondages suisses sous le feux de la critique

Votations fédéralesL'institut de sondage gfs.bern était loin de prédire le score d'Ecopop. La place de l'institut est remise en question. Les politologues se défendent.

La légitimité de gfs.bern est remise en cause à la suite de la votation sur Ecopop.

La légitimité de gfs.bern est remise en cause à la suite de la votation sur Ecopop. Image: Keystone

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Personne n’avait prévu une gifle pareille pour Ecopop. Encore moins l’institut de sondage gfs.bern, qui avait prédit 39% de oui à l’initiative. Un écart de 13 points avec le résultat sorti des urnes dimanche.

«Nous pensons qu’il s’agit de la conséquence de la démobilisation de la droite, précise Lukas Golder, membre de la direction de gfs.bern. Comme pour le vote du 9 février, les partisans de l’UDC étaient prêts à donner un signal au Conseil fédéral. Mais ils ont fini par suivre les consignes de l’UDC Suisse, qui a jugé que le texte était inapproprié et trop strict.»

Crédibilité en doute
De manière générale, le fait que le oui baisse en fin de course est un processus typique, relève le politologue. Il faut souvent enlever 10%. Ce qui s’est passé se situe ainsi dans la norme. Pour le 9 février au contraire, le fait que le oui ait augmenté sur la fin était un cas exceptionnel.

Justement, l’institut s’est-il montré trop frileux après la surprise du 9 février? «Nous avons fait preuve de prudence cette fois-ci. Mais nous avons toujours affirmé que le non l’emporterait. De manière générale, nous assistons à un nouvel élément qui représente une difficulté pour nous: les initiatives ont aujourd’hui plus de chances d’être acceptées. Le fait que nous n’ayons pas assez de points de comparaison rend la tâche plus ardue.» Malgré les explications, le grand écart avec le résultat final attise les critiques, notamment des médias alémaniques. Car l’histoire se répète. Si le 9 février a autant créé la surprise, c’est en partie parce que l’institut donnait le texte perdant avec 43% de oui au lieu des 50,3% finaux. Lundi, la BaslerZeitung qualifiait ainsi les explications de l’institut de «pirouettes». «Les chiffres ne mentent pas», conclut le journal.

Favoriser la concurrence
Le politologue Oscar Mazzoleni critique pour sa part la position quasi monopolistique de gfs.bern. «Il existe d’autres sondages avant les scrutins, mais on se fie uniquement à ceux effectués par une seule entreprise privée, mandatée par la SSR. Or les résultats influencent les attentes des acteurs du gouvernement, des politiques et des journalistes. Cela donne trop de pouvoir à cet institut.» Il est ainsi nécessaire, selon lui, de favoriser la concurrence afin d’obtenir le résultat le plus proche de la réalité.

«Il est vrai que nous bénéficions d’une grande visibilité, reconnaît Lukas Golder. Mais il revient au public de nous comparer avec la concurrence. La décision ne vient pas de nous!» (nxp)

Créé: 01.12.2014, 15h06

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