Un parlementaire UDC en possession de cocaïne

SuisseLe conseiller national Luzi Stamm a acheté de la drogue auprès d'un musicien de rue à Berne pour mieux pouvoir dénoncer ce trafic. Il se rend punissable aux yeux de la loi.

Luzi Stamm, âgé de 66 ans, est au National depuis fin 1991. Son parti, l'UDC, n'a pas voulu qu'il se représente en octobre.

Luzi Stamm, âgé de 66 ans, est au National depuis fin 1991. Son parti, l'UDC, n'a pas voulu qu'il se représente en octobre. Image: Keystone

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Stupeur à Berne mercredi matin. En pleine session de printemps, les parlementaires ont pu apercevoir le conseiller national Luzi Stamm (UDC/AG) assis au foyer du Palais fédéral, flanqué de deux policiers. Devant lui, un petit sachet contenant 1 gramme de cocaïne, acheté la veille auprès d'un musicien de rue à Berne.

Que s'est-il passé? Le parlementaire se droguerait-il? En fait, les deux agents ont été appelés par Luzi Stamm lui-même, raconte l'«Aargauer Zeitung» mercredi. Le politicien est tombé sur le dealer mardi soir vers 19h.

Ancien juge, il connaît bien la scène de la drogue en Suisse, notamment celle de Zurich, et a fait condamner de nombreuses personnes. Il a donc immédiatement repéré le manège du vendeur. Et s'il a décidé d'acheter la cocaïne, c'est pour mieux dénoncer le musicien de rue et alerter le monde politique sur ce trafic de drogue à Berne, affirme-t-il.

A la recherche du dealer

Une fois la poudre blanche en poche, il a voulu retourner la déposer au Palais fédéral pour la signaler le lendemain à la police. Mais les services de sécurité ne l'ont pas laissé entrer, a-t-il expliqué. Luzi Stamm est alors retourné à l'endroit où se produisait le musicien de rue, sans le retrouver. Après l'avoir recherché en vain dans les rues de la ville et le long de l'Aar, il a fini par rentrer chez lui à Baden (AG) à 2h30 du matin. Et il a expliqué par e-mail la situation à ses collègues du groupe UDC à Berne.

Ce n'est donc que ce mercredi matin, qu'il a pu informer la police et raconter son histoire. Selon le parlementaire qui ne se représentera pas aux élections fédérales de cet automne, il va rendre visite prochainement au chef de la sécurité du canton de Berne pour voir «si la lutte contre la mafia de la drogue a enfin pu commencer». Pour Luzi Stamm, «des membres de l'élite politique laissent délibérément entrer cette mafia, car eux-mêmes sont dépendants de la cocaïne».

Hic: si la vente de drogues est punissable aux yeux de la loi, leur possession et leur acquisition le sont aussi. Luzi Stamm risque donc des ennuis suite à son geste. Quant à la drogue saisie, elle a été prise en charge par la police. Pas grave pour l'UDC argovien qui plaisante: «Je suis déjà surexcité en temps normal, cela ne me servirait à rien d'en consommer.»

Créé: 06.03.2019, 14h30

Une affaire qui rappelle celle d'Eric Stauffer

Une affaire ressemblant à celle de Luzi Stamm s'était produite à Genève en septembre 2013. A l'époque, Eric Stauffer, cofondateur du Mouvement citoyens genevois (MCG), avait voulu démontrer avec quelle facilité on pouvait se procurer de la cocaïne dans les rues des Pâquis, à Genève. Il s'était rendu, caméra au poing, avec d'autres partisans du MCG, dans ce quartier fréquenté par les trafiquants de drogue. Il avait alors donné 200 francs au plus jeune membre de son équipe pour que celui-ci achète de la drogue.

D'abord jugé coupable d'avoir enfreint la loi sur les stupéfiants, il avait été acquitté par le Tribunal fédéral en mai 2018.

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