Parmelin est sous pression pour la cyberdéfense

SuisseDes élus de tous bords approuvent des cyberbataillons. Le ministre avoue avoir un problème avec Google.

Les explications de Guy Parmelin n’ont pas convaincu.

Les explications de Guy Parmelin n’ont pas convaincu. Image: Keystone

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Le chef du Département fédéral de la défense est de plus en plus sous pression. Pas en raison des nouveaux avions de combat qu’il souhaite acheter mais sur sa capacité à organiser une cyberdéfense efficace du pays. Des élus fédéraux de tout bord politique l’interpellent sur le sujet et estiment que le Vaudois temporise beaucoup trop.

L’avertissement le plus spectaculaire est passé presque inaperçu en Suisse romande. Et pour cause. Il est intervenu en septembre lors de la dernière session parlementaire, dont une partie a été éclipsée par l’élection d’Ignazio Cassis au Conseil fédéral et la défaite d’Alain Berset sur les retraites.

C’est le Conseil des Etats qui a sonné les cloches à Parmelin. Il a accepté à une écrasante majorité (37 contre 4) la motion de Josef Dittli (PLR/UR) qui demandait la création d’un commandement de cyberdéfense dans l’armée suisse. Selon lui, les plans de Parmelin pour la cyberdéfense du pays ne sont pas assez explicites. L’élu plaide pour une école de recrues cyber afin de former de futurs bataillons antihacking.

Cybercommandement déjà en place
Guy Parmelin a bien tenté de résister. Selon lui, le cybercommandement existe déjà. «La structure actuelle de la Base d’aide au commandement dispose déjà d’une division qui s’appelle Centre des opérations électroniques. Cette division est responsable des questions liées à la guerre électronique dite classique, mais aussi des opérations cyber avec lesquelles les synergies sont toujours plus étroites. Ce centre est dans les faits déjà une partie conséquente de ce que d’autres armées nomment cybercommandement.» Le Conseil des Etats a trouvé cette explication un peu trop légère et a plébiscité la motion Dittli.

Parmelin est sous pression sur ce thème. Le Conseil des Etats a aussi approuvé une motion de Joachim Eder (PLR/ZG) qui demande la création d’un centre de compétence unique pour la cybersécurité. La dispersion des moyens dans l’administration est aussi critiquée dans un postulat de Roger Golay (MCG/GE). A gauche, une interpellation du Groupe PS liste toute une série de questions non résolues sur la cybersécurité.

Dans une interview parue lundi dans le Tages-Anzeiger, Guy Parmelin se dit conscient des dangers du hacking qui pourraient paralyser des infrastructures essentielles de la Suisse. Mais, selon lui, le principal problème actuel est le recrutement de 100 spécialistes IT. «Les écoles polytechniques en forment 250 par année. 200 vont directement chez Google. C’est une concurrence très rude pour nous.»

Créé: 23.10.2017, 19h01

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