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SuisseLe parti d'EWS joue son va-tout

Le PBD doit désormais se rapprocher des partis du centre pour espérer survivre.

Après avoir fait durer le suspense, Eveline Widmer-Schlumpf a annoncé mercredi qu'elle ne se représentera pas le 9 décembre. Elle avait été élue en 2007 par l'Assemblée fédérale à la place de Christoph Blocher. (Mercredi 28 octobre 2015)
Après avoir fait durer le suspense, Eveline Widmer-Schlumpf a annoncé mercredi qu'elle ne se représentera pas le 9 décembre. Elle avait été élue en 2007 par l'Assemblée fédérale à la place de Christoph Blocher. (Mercredi 28 octobre 2015)
Keystone
La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf dans sa première conférence de presse après les élections fédérales 2015. Elle s'amuse des questions des journalistes qui essaient de lui tirer les vers du nez quant à ses intentions de démissionner ou non. (Mercredi 21 octobre 2015)
La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf dans sa première conférence de presse après les élections fédérales 2015. Elle s'amuse des questions des journalistes qui essaient de lui tirer les vers du nez quant à ses intentions de démissionner ou non. (Mercredi 21 octobre 2015)
Keystone
Eveline Widmer-Schlumpf peut quitter Berne la tête haute.
Eveline Widmer-Schlumpf peut quitter Berne la tête haute.
Keystone
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Avec le retrait annoncé d'Eveline Widmer-Schlumpf, le PBD compte s'engager pour un rapprochement des partis du centre. Ceux-ci acquiescent, mais le politologue Georg Lutz craint, lui, la disparition de cette formation.

Pour le PDC, la collaboration doit se poursuivre, a dit à l'ats Christophe Darbellay, président des démocrates-chrétiens. En particulier autour des thèmes vitaux pour la Suisse comme le sauvetage des bilatérales, la réforme des assurances sociales (AVS et 2e pilier) ainsi que la politique énergétique, a-t-il énuméré.

«La balle est dans le camp du PBD et des Vert'libéraux», a encore relevé le Valaisan. Le PDC n'est pas directement demandeur. Et de rappeler l'échec, en octobre 2014, de l'union entre les deux formations, rêvée par le président du PDC, le PBD avançant une fin de non-recevoir.

Tentative de rapprochement

Les tentatives de rapprochement entre des deux formations ont été un thème récurrent depuis 2009, un an après la fondation du Parti bourgeois-démocratique suisse (PBD), décidée à la suite de l'élection d'Eveline Widmer-Schlumpf au Conseil fédéral.

Pour le PBD, qui tient samedi son assemblée des délégués, le départ de sa conseillère fédérale ouvre une période à laquelle il s'est déjà, petit à petit, préparé. Sur toutes les questions importantes, il s'agit d'adopter des positions constructives et orientées vers des solutions.

Du côté des Vert'libéraux, on veut aussi continuer à collaborer, en particulier sur la politique énergétique, avance la conseillère nationale vaudoise Isabelle Chevalley. Mais pas question de fusion pour l'heure: «une fusion se fait naturellement et pas au forceps.»

Pour l'UDC, «le PBD va être évalué par les citoyens sur la base de son travail politique», a expliqué Silvia Bär, secrétaire générale adjointe de ce parti. L'UDC va collaborer avec le PBD, comme avec les autres partis, quand le thème s'y prête, ni plus, ni moins, a-t-elle souligné.

Une chance pour le PBD

Eveline Widmer-Schlumpf voit son retrait comme une chance pour son parti, a-t-elle dit haut et fort mercredi, jour de l'annonce de son départ. Le PBD pourra enfin faire de la politique sans qu'il soit toujours ramené par les médias à sa conseillère fédérale.

Mais pour le politologue Georg Lutz, «l'identification du parti à la figure de la Grisonne est très forte. La naissance de ce parti lui est intimement liée», a-t-il rappelé à l'ats.

Par son action au gouvernement, la conseillère fédérale attirait régulièrement l'attention médiatique sur son parti, qui a rassemblé 4,1% des voix lors du dernier scrutin le 18 octobre. Et de citer une formation du centre, plus petite, le PEV (1,9%), qui n'apparaît que très rarement dans la presse.

Survie du PBD en question

A cela s'ajoute le fait que l'on n'identifie pas le PBD à des thématiques politiques précises, a poursuivi le politologue, comme c'est le cas de l'UDC avec l'asile ou du PDC et de la famille. Selon lui, comme le PBD ne peut pas non plus s'appuyer sur un électorat bien ancré, il en va de la survie de cette formation politique.

Recruter du personnel politique n'est pas non plus une mince affaire pour ce parti, qui est «né d'un accident de l'histoire», souligne Christophe Darbellay: il n'aurait en principe jamais dû quitter l'UDC des agrariens et des artisans.

Dans la foulée, son attractivité baisse: les candidats potentiels risquent de lui préférer d'autres formations politiques comme le PDC ou le PLR, poursuit le politologue, des partis mieux implantés aux différents échelons de la politique suisse.

'Splendid isolation'

Le président du PDC nuance: «ce parti n'est pas fatalement voué à disparaître sans sa conseillère fédérale, mais il devrait sortir de la 'splendid isolation' dans laquelle il a l'air de se complaire.» Reste qu'une fusion n'est pas non plus la panacée: unir deux formations plus ou moins faibles n'en crée pas à coup sûr une forte, relève le politologue.

ats

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