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Fédérales 2015Les partis ratissent large à l'approche des élections

Eviter un programme trop pointu et cibler deux ou trois sujets phares: les partis veulent toucher efficacement le plus de gens possible.

Les partis suisses ne veulent pas effrayer les électeurs.
Les partis suisses ne veulent pas effrayer les électeurs.
(photo d'illustration), Keystone

A l'approche des élections fédérales, les partis ratissent large, de peur d'effrayer les électeurs avec un programme trop pointu. Quel que soit le style de la campagne, la mobilisation des membres et des sympathisants reste cependant centrale.

«Tout le monde peut trouver son compte dans les programmes des grands partis comme le PDC ou le PLR», a déclaré le politologue et conseiller en communication Mark Balsiger. Mais «pour être efficace, un parti ne peut exploiter que deux ou trois sujets.»

Le politologue Georg Lutz, de l'Université de Lausanne, voit peu de place pour la stratégie dans les programmes des partis. «La base, les parlementaires et les partis cantonaux doivent les approuver. Ils ne peuvent en outre guère s'éloigner des idées portées par les organisations qui leur sont proches.

Pas de profil trop pointu

L'UDC a réussi à imposer la thématique de l'asile. Les autres partis ont plus de peine à dicter un sujet. Le PLR par exemple propose un large éventail de thèmes, mais on ne voit clairement ni les problèmes, ni les solutions qu'il préconise, selon Georg Lutz.

Pour Mark Balsiger, les partis nationaux ne veulent pas de profil trop pointu, malgré les «perpétuelles discussions sur ce sujet». «Ils se positionnent comme des partis populaires et essaient de ratisser le plus largement possible.»

Les sondages montrent pourtant que chaque parti conserve son pré carré. L'UDC et les questions de migration, le PLR et la politique européenne, le PS et les questions sociales, les Verts et l'environnement, le PDC et la sécurité sociale.

C'est en avançant des propositions dans leur domaine de prédilection que les partis pourront glaner des voix, selon Georg Lutz. Mais ils ont encore des progrès à faire dans ce domaine, précise le politologue.

Le foisonnement des listes peu concluant

Mark Balsiger estime que le foisonnement des listes apporte peu de voix aux partis. Il va même jusqu'à leur conseiller d'y renoncer, car «elles affaiblissent les listes principales.»

Mais la tendance n'est pas à la baisse. «Tous les partis proposent de telles listes. Leur nombre a doublé en 40 ans.»

Dans un autre registre, les deux politologues notent que la campagne commence plus tôt, en comparaison de celle de 1999. «Les partis ont les élections en ligne de mire pendant toute la législature», avance Georg Lutz.

Echelon national

Les thèmes s'imposent désormais à l'échelon national plutôt que cantonal, selon les deux hommes. «Ils sont discutés dans les partis, mais d'abord définis par les secrétariats centraux. La campagne est aussi coordonnée au niveau national», a relevé Georg Lutz. Les sujets cantonaux ont de moins en moins de poids.

Reste que la mobilisation des partisans et des sympathisants joue un rôle crucial dans une victoire électorale. Le secrétariat central joue un rôle-clé pour réveiller les troupes. «Plusieurs partis cantonaux ne disposent pas de structures professionnelles.»

Avec une campagne «très conventionnelle», les partis touchent leur électorat traditionnel. Mais ainsi, ils ne ratissent pas en dehors de leur pré carré.

Un bon packaging ne suffit pas non plus. Des slogans accrocheurs ou une mascotte font partie de la campagne, mais sans contenu, ils ne peuvent rien, selon les deux chercheurs.

Mark Balsiger plaide pour une campagne que l'on ne voit pas. «Celui qui impose tôt une thématique, la communique de haut en bas au sein du parti, puis dans le public, a l'avantage.»

ats

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