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Conseil fédéralQue se passe-t-il avec les femmes PDC?

Doris Leuthard a annoncé son prochain départ. Il n'y aura plus alors qu'une seule femme à Berne. La représentation féminine n'agite plus le PDC.

Qui succédera à Doris Leuthard? Une femme ou un homme?
Qui succédera à Doris Leuthard? Une femme ou un homme?
Keystone

Souvenez-vous, c'était historique: en 2011, il y avait quatre femmes au Conseil fédéral. Doris Leuthard, Eveline Widmer-Schlumpf et Micheline Calmy-Rey étaient au gouvernement, tandis que Corina Casanova était la «8e ministre» avec son poste de chancelière. Or, il est fort possible qu'il ne reste bientôt plus qu'une seule femme au pouvoir, souligne le Tages-Anzeiger jeudi.

En effet, Eveline Widmer-Schlumpf et Corina Casanova ne sont plus à Berne. Et la PDC Doris Leuthard a annoncé sa démission au plus tard fin 2019. Et pour l'instant, c'est plutôt un homme qui est pressenti pour la remplacer. On parle même déjà des sénateurs PDC Stefan Engler, Konrad Graber ou encore Pirmin Bischof. En outre, dans la course à la succession de Didier Burkhalter, l'ultra-favori est un homme, le Tessinois Ignazio Cassis. Même la présidente des femmes PLR, Doris Fiala, juge qu'une candidature féminine n'est pas forcément urgente.

Plus de débat à Berne

La question de la représentation des femmes au Conseil fédéral ne semble donc plus faire débat à Berne, même au sein du PDC, pourtant très sensible sur cette question. En effet, Babette Sigg, la présidente des femmes PDC, souligne qu'elle ne va pas revendiquer la nécessité d'une conseillère fédérale ou même une représentante féminine sur le ticket du parti pour remplacer Doris Leuthard. C'est le meilleur candidat qui sera élu, estime-t-elle. Tout comme pour l'instant Ignazio Cassis est le meilleur candidat du PLR pour succéder à Didier Burkhalter.

Le Tages-Anzeiger rappelle du coup qu'il est loin l'âge d'or des femmes PDC. Il n'y pas si longtemps encore, la représentation féminine à Berne était au cœur des préoccupations du parti. C'est même le seul parti bourgeois à avoir présenté deux femmes pour succéder à des conseiller fédéraux. En 1999, il avait en effet lancé Rita Roos et Ruth Metzler pour remplacer Arnold Koller et Flavio Cotti.

Cet âge d'or, durant lequel les questions de l'avortement, de la nouvelle loi sur le mariage, ou même de la politique européenne ont été débattues, a pris fin dans les années 2000. A l'époque, la question des quotas féminins était prépondérante pour le PDC, explique Rosmarie Zapfl, ancienne conseillère nationale et vice-présidente du PDC suisse. Ce qui a eu un grand effet d'entraînement sur les femmes, qui se mettaient plus facilement à disposition du parti, souligne-t-elle.

Le geste de Cotti

Mais alors, que s'est-il passé? Cette question, Rosmarie Zapfl se la pose aussi. A l'époque, les femmes tenaient absolument à accéder au pouvoir et elles étaient soutenues par les hommes du parti. A l'image de Flavio Cotti qui avait démissionné en même temps qu'Arnold Koller pour qu'une femme soit élue, rappelle-t-elle. «Il m'avait dit alors: c'est le seul moyen de faire élire une conseillère fédérale», explique la politicienne.

Celle-ci regrette du coup la véhémence et la passion des femmes PDC d'alors. Il faut dire que la politique féminine du parti avait permis de réunir des personnalités très engagées, se rappelle Rosmarie Zapfl. Aujourd'hui, malgré de bonnes conditions-cadres, les femmes hésitent encore à briguer un poste influent parce qu'elles prennent en compte la famille, regrette-t-elle.

Illusion

Autre explication avançée: «l'illusion que les femmes ont réussi à faire avancer la cause féminine à l'aube des années 2000», estime pour sa part Yvonne-Denise Köchli, une éditrice et ancienne journaliste alémanique. «Quelle erreur!» s'exclame-t-elle. En outre, elle rappelle que plusieurs pionnières PDC sont désormais à la retraite. Sans oublier le fait que les femmes, en matière de politique en Suisse, pensent toujours qu'elles doivent avoir de la patience.

Enfin, Yvonne-Denise Köchli estime que le problème est aussi structurel. «Après chaque étape franchie, comme celle d'avoir obtenu l'égalité au Conseil fédéral, la question: "que voulez-vous maintenant" revient. La société s'habitue vite à ce qu'on ait plus besoin d'encourager les femmes. Mais c'est une erreur», conclut-elle.

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