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Pédocriminalité: rapport alarmant de FedPol

L’Office fédéral de la police constate que traquer les cybercriminels cherchant à abuser d’enfants n’est guère prioritaire en Suisse.

(Image d'illustration)
(Image d'illustration)
AFP

C’est le «SonntagsBlick», dans son édition de dimanche, qui a mis sur la table un rapport sur la lutte contre la pédocriminalité en Suisse émanant de l’Office fédéral de la police (FedPol). Cette analyse interne brosse un constat cruel concernant la cybercriminalité visant les enfants. Selon des estimations, 750'000 personnes dans le monde, à chaque seconde, cherchent de la pornographie enfantine. Et derrière chaque image il y a évidemment des abus.

Moyens insuffisants

Les 39 pages du rapport de FedPol cherchent surtout à évaluer la qualité de la réponse des polices helvétiques, fédérales ou cantonales. Le constat est sans appel: les moyens sont insuffisants. L’enquête de FedPol explique que plusieurs corps de police «devaient reporter toutes les affaires de pédophilie sur internet durant plusieurs années, en raison de la hiérarchisation des priorités locales». Autrement dit, ces affaires finissent le plus souvent en dessous de la pile. Le «SonntagsBlick» souligne que les manquements au niveau des enquêtes sur ces thèmes sont d’autant plus terribles que la plupart du temps, seules les personnes concernées les constatent. Contrairement aux cambriolages, par exemple, les victimes ne vont pas toujours se présenter à la police: elles se taisent, par peur ou par honte. L’auteur du rapport tente d’expliquer pourquoi les polices cantonales agissent de la sorte. Le plus souvent, perversité du fédéralisme, elles présupposent que les éventuels pédocriminels harceleurs n’agissent pas directement dans la région où elles sont compétentes. «Pourquoi un Canton devrait-il utiliser ses ressources pour identifier un suspect non localisé?» interroge le texte.

FedPol a réagi à ce rapport daté de l’été 2019. Le porte-parole de l’Office fédéral de la police a rétorqué au journal qu’il n’était pourtant plus à jour, le sondage auprès des corps de police datant de 2015-2017. Stefan Blättler, président de la Conférence des commandants des polices cantonales de Suisse, souligne aussi, dans le «SonntagsBlick», l’«excellente» coopération entre Cantons et Confédération et la mise en place du réseau «Assistance aux enquêtes pour lutter contre la criminalité numérique».

Mais tout le monde n’est pas aussi positif. Le journal cite Xenia Schlegel, directrice de Protection de l’enfance Suisse: «La pédocriminalité sur internet est sous-estimée. Lors de l’allocation des ressources, les autres intérêts sont évalués plus hauts. Les intérêts économiques, par exemple, sont placés au-dessus de la protection des enfants.» Dès lors, ce sont le plus souvent les États-Unis qui signalent les cas aux autorités suisses. En 2014, les Américains l’ont fait 480 fois. En 2018, 9000 affaires présumées de pornographie enfantine ont été portées à la connaissance de la Suisse par les États-Unis.

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