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La pénurie de vaccins atteint des sommets

La création d'une centrale d'achats de vaccins est à l'étude, ce qui donnerait à la Confédération les moyens de gérer l'approvisionnement.

La pénurie de vaccins se fait durement ressentir en Suisse.
La pénurie de vaccins se fait durement ressentir en Suisse.
Keystone

Les médecins en Suisse tirent la sonnette d'alarme. La pénurie de vaccins et plus particulièrement des combinés les pousse à exiger des mesures. Certains ne peuvent commander que quelques doses, largement insuffisant pour couvrir les besoins, comme l'explique le Tages-Anzeiger dans son édition du 19 juillet.

Impossible également de se rabattre sur des substituts, qui souffrent également de goulets d'étranglement dans leurs livraisons. Plusieurs médecins ont déjà alerté la Commission fédérale pour les vaccinations (CFV), qui n'a pu que leur recommander de vacciner les cas les plus urgents. Comme les anti-tétaniques pour des personnes grièvement blessées. Il existe actuellement en Suisse 16 vaccins dont l'approvisionnement est jugé problématique

L'OFSP sur les dents

L'incompréhension règne chez les docteurs. «Nous nous inquiétons pour la santé de nos patients car il est peu probable que la situation se détende», prévient Philippe Luchsinger, président des Médecins de Famille et de l'Enfance Suisse (MFE).

Les problèmes d'approvisionnement existent depuis des années en Suisse mais aucune mesure n'a encore été prise. Et pour cause... «Dès qu'un vaccin est de nouveau disponible, tous les médecins se jettent dessus et le produit est très vite en rupture de stock.»

Cette pénurie inquiète également l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). «Les goulets de livraison concernent toujours plus de vaccins et durent toujours plus longtemps. Cela n'aide pas à maintenir un taux élevé de vaccination», s'inquiète Mark Witschi, directeur de la section Recommandations vaccinales.

Centrale d'achats

L'OFSP explique ces pénuries par une demande de vaccins en hausse mais aussi par un marché fortement monopolisé qui ne compte que quelques fournisseurs. Le moindre problème de production se répercute tout de suite à toute la planète. «Nous avons sous-estimé la demande, tout comme nos concurrents. Nous devons dorénavant améliorer la production», a reconnu Daniel Breitenstein, chef de Glaxo Smith Kline (GSK) en Suisse.

En outre, les cabinets et les hôpitaux sont responsables de leur propre approvisionnement. La création d'une centrale d'achats, comme elles existent dans d'autres pays européens, pourrait remédier à la situation, estime Mark Witschi. Ce serait en effet à la Confédération d'évaluer les besoins et de passer commande.

Système d'amendes

L'Autriche ou les Pays-Bas ont déjà adopté un système comparable. Si l'entreprise chargée d'honorer le contrat n'est pas capable de livrer, elle écope d'une amende. Certains estiment que c'est pour cette raison qu'il existe des goulets en Suisse, puisque les groupes préfèrent approvisionner ces pays pour éviter des pénalités.

Ce genre de système est tout à fait réalisable en Suisse, estime Mark Witschi, mais il faut encore créer la base légale. Et sans surprise, l'Association des entreprises pharmaceutiques suisses (Interpharma) ne veut pas en entendre parler. Elle prévient que si les entreprises pharmaceutiques doivent payer des amendes, elles hésiteront à prendre des commandes.

Vers la fin... 2019

La Confédération privilégie depuis l'automne la constitution de stocks obligatoires de la part des groupes pharmaceutiques mais cette stratégie est mise en échec dans le contexte actuel. «Les livraisons ne suffisent pas à constituer des stocks. Cette solution n'est dans les faits pas tenable», a reconnu Mark Witschi. Berne prévoit que la branche aura constitué suffisamment de stocks d'ici la fin 2019.

Face à la pénurie, Christoph Berger, président de la CFV, recommande aux médecins d'acheter un deuxième réfrigérateur pour entreposer les vaccins. Ce qui est déjà la cas dans de nombreux cabinets, a constaté le groupe britannique GSK. le principal producteur de vaccins dans le monde. L'entreprise, numéro un en Suisse pour les vaccins, reconnaît qu'un bon tiers n'est «actuellement pas disponible». La situation ne devrait pas s'améliorer avant la fin 2018.

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