Les personnes âgées abusent des tranquillisants

SantéCes médicaments peuvent entraver la coordination des mouvements et entraîner des troubles de la mémoire.

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Plus de 3% de la population prend quasi quotidiennement des somnifères ou des tranquillisants pendant une année ou plus. Les personnes âgées en sont friandes, et les femmes davantage que les hommes. Or ces produits ont un fort potentiel addictif.

L'usage régulier de ces médicaments sur une durée prolongée est non seulement problématique en raison de leur potentiel addictif, mais aussi de leurs effets secondaires. Une prise prolongée peut notamment entraver la coordination des mouvements et entraîner des troubles de la mémoire et de l'attention. Chez les personnes âgées, elle augmente sensiblement le risque de chute.

Les benzodiazépines et les médicaments apparentés sont utilisés dans le traitement de l'insomnie, de l'anxiété et des convulsions ou en prémédication avant une intervention chirurgicale. Jusqu'ici, on a sous-estimé les problèmes qui se posent au moment de l'arrêt de ces produits, déclarent Etienne Maffli et Luca Notari, chercheurs à Addiction Suisse et auteurs de l'article sur l'usage des médicaments psychoactifs dans la revue Dépendances.

Sortie en douceur

Les deux chercheurs demandent que les médecins et les pharmaciens prévoient suffisamment tôt la fin du traitement avec les patients. Et si une accoutumance s'est déjà installée, de réduire progressivement les doses. Un arrêt brutal après une prise prolongée reste difficile, car les symptômes de sevrage peuvent être marqués.

Selon eux, l'abus de médicaments reste largement tabou. La consommation se fait souvent en cachette et passe inaperçue pendant de longues années. Irene Abderhalden, directrice d'Addiction Suisse, préconise un travail de sensibilisation, mais aussi la distribution d'emballages de médicaments plus petits.

Un monitorage suisse des addictions permet d'évaluer la prise quotidienne et prolongée de médicaments susceptibles d'engendrer une dépendance au sein de la population. Il a été lancé en 2011 par l'Office fédéral de la santé publique.

(ats/nxp)

Créé: 23.06.2015, 11h53

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