Les petits paysans critiquent les grandes exploitations

Paiements directsL’association des petits paysans veut plafonner les paiements directs à 150 000 francs pour éviter une «agriculture industrielle».

Regina Fuhrer, présidente de l’Association des petits paysans.

Regina Fuhrer, présidente de l’Association des petits paysans. Image: Keystone

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«La population suisse ne veut pas d’une agriculture industrielle», tonne Barbara Küttel, la directrice de l’Association des petits paysans (VKBM). Cette dernière est montée hier aux barricades pour s’en prendre à la mauvaise redistribution des paiements directs qui favorise par trop, selon elle, les grandes exploitations agricoles.

«Nous ne remettons pas en cause toute la politique agricole 2014-2017. Elle est pertinente avec ses incitations à produire en respectant l’environnement, explique Mme Küttel. Le problème, ce sont les paiements directs. Le nouveau système n’est pas assez dégressif. Il favorise ceux qui ont beaucoup de terre, comme dans le Jura et les Grisons.»

Résultat selon la VKBM, 10% des plus grandes entreprises agricoles reçoivent aujourd’hui près d’un quart de l’ensemble des paiements directs. Les conséquences selon l’association? Renchérissement des terres agricoles, développement toujours plus poussé d’une agriculture mécanisée et chère en investissements, et enfin remise en cause du lien fort avec la population.

L’association trouve inacceptable que certaines exploitations touchent des centaines de milliers de francs en paiements directs par année. Elle rappelle la polémique qui avait défrayé la chronique avec cette grande exploitation agricole jurassienne qui recevait 500 000 francs. Aujourd’hui, les chiffres maximums articulés tournent autour des 300 000 francs.

«Redistribution par le haut»

«Nous voulons stopper cette redistribution par le haut», exige Regina Fuhrer, la présidente de la VKBM. «Il faut plafonner le montant des paiements directs à 150 000 francs. La Confédération doit freiner la dramatique transformation du monde agricole, qui voit plus de 1000 petites fermes disparaître par année.»

Bernard Lehmann, le directeur de l’Office fédéral de l’agriculture, veut bien examiner et corriger d’éventuelles distorsions. Mais il rappelle qu’il existe des instruments financiers qui protègent les petites exploitations. Et ces dernières se doivent aussi de gagner en efficacité. Comment? En se regroupant pour l’achat des machines, en diversifiant leur production selon le marché ou en développant des revenus annexes grâce à la vente directe ou à l’agrotourisme.

Créé: 02.02.2016, 22h08

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