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ConsommationFace à Nespresso, l'essor des petits artisans du café

En Suisse comme ailleurs, les torréfacteurs indépendants tirent leur épingle du jeu en misant sur la qualité et la durabilité.

Les petits acteurs indépendants du marché du café séduisent de plus en plus de consommateurs.
Les petits acteurs indépendants du marché du café séduisent de plus en plus de consommateurs.
AFP

Dans le monde de la pause-café au travail, les acteurs indépendants se multiplient, notamment en Romandie, avec des solutions présentées comme écologiques et responsables. Face à l'ogre Nespresso, ces torréfacteurs et distributeurs jouent la carte de l'authenticité. Une stratégie payante à en croire la croissance que connaissent les petits poucets de la machine à café en entreprise.

Importance des valeurs

«Nous voulons apporter à nos clients un retour à une consommation de produits de fabrication artisanale et donc de qualité», explique à AWP Aurélien Gauffrenet, l'un des fondateurs de Bean2Me. L'entreprise genevoise fait partie des derniers arrivés sur le marché romand du café en entreprise.

Fondée en novembre 2017, la société écoule déjà 5 tonnes de café en grains par an et compte une cinquantaine de clients, notamment des bureaux avec plusieurs centaines de personnes. L'essentiel de l'activité est concentré sur Genève. Il est arrivé à Bean2Me de damer le pion à Nespresso lors de certains appels d'offre, assure M. Gauffrenet.

En marge de toute considération gustative, écologique ou sociale, le prix représente toujours un argument de poids. «Notre café artisanal se vend entre 26 et 48 francs le kilo. Le coût de la capsule, ramené au kilo, c'est jusqu'à 80 francs», explique le cofondateur de la jeune pousse.

«Le prix est important, mais les valeurs prennent de plus en plus de poids», relativise Jacques Berset, directeur marketing de la société fribourgeoise Esperanza. Active depuis 2000, l'entreprise de 13 collaborateurs dessert plus de 500 bureaux entre Genève et Soleure. Le chiffre d'affaires a progressé de 8% en 2018, pour un volume annuel de 50 tonnes de café.

Durabilité

«Max Havelaar dit de nous que nous serions probablement l'unique torréfacteur suisse dont toute la production est 100% labellisée Fairtrade Max Havelaar», souligne M. Berset, pour qui la durabilité figure parmi les valeurs cardinales. Esperanza reste néanmoins tributaire d'importateurs de café.

Chez Bean2Me, on a également recours à des négociateurs qui achètent des grains provenant de plantations où les ouvriers sont payés à la journée et non au volume. La jeune pousse ambitionne dans un avenir proche de traiter directement avec les producteurs, dans les pays où le café est cultivé.

Les petits acteurs vantent également leur savoir-faire. Chez Esperanza, on revendique un processus de torréfaction «à l'oeil et à l'oreille», par petites quantités, soit 30 kilos maximum. La charge ne dépasse pas actuellement 20 kilos chez Bean2Me, qui produit sa marque de café Chronic chez un torréfacteur à Bienne.

Esperanza et Bean2Me proposent des solutions complètes avec consommables (sucre, crème, etc.), infusions et thés pour non-buveurs de café. Pour la machine à café, les deux sociétés ont noué des partenariats avec des marques suisses, notamment la soleuroise Jura.

Pour sa part, Eversys mise tout sur les machines à café. La société valaisanne commercialise depuis 2011 des modèles développés à l'interne, dont le prix se situe entre 10'000 et 40'000 francs l'unité. En Suisse, l'assureur Groupe Mutuel a notamment adopté ce système.

Avec l'aide de Nespresso

«En six ans, nous avons quintuplé notre chiffre d'affaires. En 2018, la progression était de 70%», note le cofondateur Jean-Paul In-Albon. Eversys est aujourd'hui une multinationale qui emploie 121 personnes avec une présence sur presque tous les continents. La croissance devrait atteindre 20% à 30% ces prochaines années.

«Nos clients ont besoin de machines qui vont vite tout en respectant le temps d'extraction nécessaire pour assurer la qualité d'un espresso. Notre technologie permet un débit de 175 à 350 espresso par heure suivant le modèle de machine choisi», explique M. In-Albon.

Même s'ils sont positionnés clairement comme des alternatives à Nespresso, ces indépendants se gardent bien de toute attaque frontale. «Nespresso, par sa force de frappe au niveau du marketing, favorise l'ensemble des torréfacteurs. Il vulgarise le terroir et crée une expérience café qui profite à tout le secteur», affirme même Jacques Berset.

Pour la clientèle entreprise en Suisse, Nespresso travaille avec cinq distributeurs. Questionnée sur la concurrence, la société ne mentionne que les copies de capsules Nespresso, dont une quarantaine de sortes sont vendues sur territoire helvétique. La filiale de Nestlé souligne par ailleurs son engagement écologique et social.

ats

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