«On ne peut pas mettre les sections sous tutelle»

UDC romandeLa vice-présidente du parti minimise le départ de quatre cadres de l’UDC. Elle reconnaît toutefois des erreurs dans certains cantons.

Vice-présidente du parti, Céline Amaudruz (GE) est la dernière romande au sein de la direction de l'UDC.

Vice-présidente du parti, Céline Amaudruz (GE) est la dernière romande au sein de la direction de l'UDC. Image: Keystone

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Le président, Albert Rösti, refusant de s’exprimer, c’est à elle que revient le rôle d’éteindre l’incendie. Céline Amaudruz, vice-présidente de l’UDC, revient sur les démissions qui ont agité les sections romandes ces derniers jours. Elle parle d’un hasard du calendrier et compte toujours sur un succès dans les urnes en 2019. Interview.

L’UDC romande est-elle en crise?
Non. Parler de crise est totalement exagéré.

Trois présidents de section et le coordinateur romand qui démissionnent coup sur coup, ça ressemble à une crise!
Il y a des gens qui sont partis, c’est vrai. Chacun pour des raisons différentes. Si on prend le cas de Kevin Grangier, il a eu une opportunité dans le privé. En Valais, Jérôme Desmeules s’est investi pendant des années pour le parti, on peut comprendre qu’il ait d’autres aspirations. J’ai vécu moi aussi cette envie de changement quand j’ai quitté la présidence de l’UDC Genève en 2016. Au final, cette accumulation de retrait n’est qu’un hasard de calendrier.

À Neuchâtel ou à Fribourg, on évoque des problèmes au sein des sections…
Ce sont des problèmes locaux et personnels, qui ne touchent pas l’UDC romande dans son entier.

C’est quand même un sérieux handicap en vue des fédérales de 2019. Non?
Ce n’est jamais agréable de devoir remplacer un président de section à un an des élections. On perd du temps en administratif et, du coup, on peut moins parler de politique. Mais c’est aussi une chance pour permettre à de nouvelles personnes de se profiler.

Avez-vous parlé de ce problème avec Albert Rösti, le président de l’UDC?
Nous avons évoqué ces départs lundi. Mais les moyens de l’UDC Suisse d’agir sont limités. Nous ne pouvons pas mettre les sections cantonales sous tutelle.

L’UDC a perdu des plumes lors des élections cantonales en Suisse romande. Que fait-elle de faux?
Il faut être honnête. Certaines sections se sont un peu trop reposées sur leurs lauriers. Avec l’élection de Guy Parmelin, elles ont cru qu’il n’y avait plus besoin de se battre, puisqu’un UDC romand siégeait enfin au Conseil fédéral. Or il faut toujours être combatif. Certaines sections ont aussi commis des erreurs en voulant baser leur campagne sur des problématiques cantonales, en oubliant les thèmes qui font la force de l’UDC.

Que voulez-vous dire?
Prenez l’exemple de l’UDC fribourgeoise. Dans le cas des élections au Conseil d’État, et de leur alliance avec le PLR et le PDC, elle a décidé de mettre de côté le thème de l’islam pour plaire aux autres partis de droite. C’était une erreur stratégique. Le parti n’était plus assez profilé pour séduire l’électeur. Il ne faut pas oublier les racines de l’UDC. Nous voulons plus de sécurité, moins d’impôts et davantage de contrôles aux frontières. Sans oublier la question de notre indépendance vis-à-vis de l’Union européenne.

Les sections ne peuvent donc pas imposer leurs thèmes?
Ce n’est pas ce que je dis. Mais il faut garder nos fondamentaux. Le programme national du parti est une force. C’est sur ces thèmes que les électeurs nous attendent, et on peut très bien les décliner à un niveau cantonal.

L’UDC estime-t-elle toujours que son plus grand potentiel de croissance se trouve en Suisse romande?
Oui, c’est un objectif prioritaire.

Dans quels cantons pouvez-vous gagner des mandats?
Nous avons de bonnes chances dans les cantons de Genève et de Vaud, où il y aura un siège de plus en raison de la hausse démographique. Dans le premier, nous étions déjà tout près d’un troisième mandat en 2015. Dans le deuxième, nous pouvons légitimement retrouver le siège perdu en 2011. Les logiques ne sont pas du tout les mêmes lors d’élections fédérales. C’est un scrutin qui porte davantage sur la campagne nationale du parti, et moins sur les caractéristiques locales.

Et à Neuchâtel? Le conseiller national Raymond Clottu veut se représenter, mais il est exclu de sa section.
Ça va dépendre de la liste. C’est très difficile de se faire élire en indépendant. Mais je reste persuadée qu’on trouvera une solution pour garder le siège. Le parti en a les moyens.

En fait, il manque surtout des locomotives, comme Yvan Perrin ou Oskar Freysinger.
Trouver la relève est un challenge pour tous les partis. Yvan Perrin et Oskar Freysinger étaient mais sont encore deux locomotives. Leurs compétences et expériences sont précieuses. Il y a beaucoup de travail à faire à l’UDC, et tous ceux qui veulent aider sont les bienvenus.

Souhaitez-vous qu’ils reviennent à Berne?
S’ils sont prêts à reprendre le collier, nous les accueillerons avec plaisir. Mais cette question leur revient, ainsi qu’aux sections qui doivent désigner leurs candidats. (24 heures)

Créé: 21.08.2018, 21h32

Sections romandes: Quatre départs coup sur coup

Coprésident de l’UDC du Valais romand, Jérôme Desmeules a annoncé mardi sa démission, qui prendra effet jeudi. Il estime le moment «propice», les élections fédérales ayant lieu dans plus d’une année. Il avait déjà informé il y a une année le comité de son parti de son souhait de se retirer. Jérôme Desmeules se dit confiant pour la suite. Le parti ne connaîtra pas de vacance en raison de la coprésidence, assumée par Cyrille Fauchère.

Cette démission intervient juste après celle du chef de campagne de l’UDC pour la Suisse romande. Kevin Grangier a annoncé lundi soir qu’il quittait son poste à la fin du mois, tout en restant selon ses propres termes «un membre convaincu» de l’UDC (notre édition de mardi). Il officiera en tant que porte-parole d’un groupe basé en Suisse mais aussi actif à l’étranger.

À Fribourg, le président de la section cantonale Ruedi Schläfli a rendu son tablier le week-end dernier après quinze mois seulement dans cette fonction.

Quelques jours plus tôt, c’est le président de la section neuchâteloise qui avait annoncé sa démission avec effet au 18 août. Stephan Moser, qui a succédé à Yves Perrin, aura occupé cette fonction à peine plus d’une année. Tout comme son homologue fribourgeois, il a invoqué une surcharge de travail. ATS

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