Pfister dérape sur Twitter en attaquant Sommaruga

Réseaux sociauxEn traitant le socialiste genevois d’hypocrite et d'antisémite, le président du PDC met son propre camp dans l’embarras.

Le président du PDC, Gerhard Pfister, fait face à la critique pour ses attaques contre Carlo Sommaruga.

Le président du PDC, Gerhard Pfister, fait face à la critique pour ses attaques contre Carlo Sommaruga.

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Un coup de tonnerre dans un ciel serein. Alors qu’il affichait dimanche son soutien aux victimes des récents actes de violence survenus à Genève, le conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE) s’est pris plusieurs tweets aussi inattendus que violents de la part de Gerhard Pfister (PDC/ZG).

«Sommaruga est le digne successeur du clown politique Jean Ziegler, écrit le président du PDC. Genève est punie par les politiciens qui vénèrent les dictateurs et les machos de gauche.» Et le Zougois de poursuivre en traitant le Genevois d’hypocrite et d’antisémite. Au passage, il tacle même la gauche lausannoise, l’accusant de «tolérer dealers et criminels».

«Dans la soirée, je lui ai écrit pour le prévenir de ne pas glisser sur le plan pénal»

«J’attends des excuses de sa part, réagit Carlo Sommaruga. Je fais de la politique, parfois de façon dure, mais rien ne justifie une telle violence.» Pour le Genevois, ces attaques sont d’autant plus déplacées que lui parlait de thèmes graves comme les brutalités contre les femmes, les LGBT ou les policiers. «Dans la soirée, je lui ai écrit pour le prévenir de ne pas glisser sur le plan pénal.»

Gerhard Pfister, lui, assume. «Une personne qui défend ouvertement les dictateurs lorsqu’ils sont de gauche – et tolère ainsi leurs actes – n’est pas crédible pour dénoncer des violences. C’est cette attitude hypocrite que je critique. Mes réactions visaient à montrer ces contradictions.» Quant à l’accusation d’antisémitisme, il rappelle que «Carlo Sommaruga est un des rares politiciens qui soutient un boycott d’Israël». Sa fonction de président de parti ne l’oblige-t-elle pas à certaines réserves? «Lorsque je lis une publication, je me permets d’y répondre, et s’il le faut de la critiquer.» Pour lui, il n’y a tout simplement pas d’affaire.

Comment en est-on arrivé là? Selon plusieurs élus, l’origine de la bisbille remonterait à la période où tous deux siégeaient à la Commission de politique extérieure. Sommaruga le propalestinien et Pfister le pro-israélien se seraient déjà emportés sur ce thème. Ce que confirme Manuel Tornare (PS/GE), avant d’ajouter: «Il y a de la violence chez Gerhard Pfister, dans ses propos et dans son attitude. Et il peut avoir des jugements à l’emporte-pièce. En tout cas, cette attitude le discrédite totalement.»

Éteindre l’incendie

Au sein du PDC, l’affaire met la direction dans l’embarras. Selon nos informations, plusieurs membres du parti – élus ou simples sympathisants – ont fait part de leur stupéfaction suite à ce «dérapage». L’affaire est montée jusqu’à la présidence, qui suit l’évolution de près. «Je n’ai pas de commentaire à faire», rétorque toutefois Charles Juillard, vice-président du PDC Suisse. Pour le Jurassien, c’est une histoire entre Carlo Sommaruga et Gerhard Pfister qui n’engage en rien le parti.

Au sein de la députation démocrate-chrétienne, les avis sont partagés. Pour Marco Romano (PDC/TI), il faut remettre l’affaire dans son contexte. «On est sur les réseaux sociaux. Et honnêtement, si la conversation est musclée, il n’y a rien d’inacceptable là-dedans. Le président du PS, Christian Levrat, ou Toni Brunner lorsqu’il était à la tête de l’UDC, ont eux aussi eu des mots très durs contre des élus, et parfois même contre des conseillers fédéraux.»

«Un président de parti ne devrait pas dire cela, c’est indigne de sa fonction»

Dans cette affaire, l’indulgence du Tessinois n’est pas franchement partagée. «Quand j’ai vu ces messages sur Twitter, je me suis dit que je n’aurais pas dit les choses ainsi», réagit prudemment Kathy Riklin (PDC/ZH). Plus sévères, certains collègues de parti requièrent l’anonymat pour s’exprimer. «Un président de parti ne devrait pas dire cela, c’est indigne de sa fonction», confie une parlementaire. «À un an des élections, cette histoire va faire des dégâts», regrette déjà un collègue.

Pour un vieux briscard du PDC, ce ne sont pas que les propos qui posent problème, mais l’attitude de Gerhard Pfister. «Un mot ou une phrase qui va trop loin, ça arrive à tout le monde. Mais alors qu’il pourrait facilement éteindre l’incendie, il s’entête et en rajoute.» Pour lui, l’équation est simple: «Ou il s’excuse, ou il démissionne.» Reste à voir si Carlo Sommaruga pousse l’affaire au pénal ou pas. (24 heures)

Créé: 13.08.2018, 18h44

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