Passer au contenu principal

Des places de parc moins chères pour faire décoller le covoiturage?

Berne veut encourager les pendulaires à partager leur véhicule par des mesures incitatives. Pas suffisant, selon un spécialiste romand.

Le Vaudois Jean-François Wahlen, fondateur de la plate-forme e-covoiturage.ch, estime que des mesures incitatives ne seront pas suffisantes.
Le Vaudois Jean-François Wahlen, fondateur de la plate-forme e-covoiturage.ch, estime que des mesures incitatives ne seront pas suffisantes.
Philippe Maeder

«Il incombe aux pouvoirs publics de créer des conditions-cadres propices à la diffusion des produits de comobilité.» Ainsi répondait le Conseil fédéral à une question posée en 2013 par Jean-François Steiert. Le socialiste fribourgeois s’enquérait du potentiel de l’autopartage dans l’amélioration des transports en Suisse. La Confédération semble aujourd’hui vouloir passer de la parole aux actes: avec l’appui d’acteurs de l’économie, elle projette de lancer une «offensive nationale pour le covoiturage», révèle la NZZ am Sonntag.

Il s’agit, ni plus ni moins, d’encourager les pendulaires à partager leur véhicule. Car le constat est clair: les voitures coincées dans les bouchons sont souvent aux trois quarts vides. Berne veut donc augmenter l’occupation moyenne aux heures de pointe. En la faisant passer de 1,1 à 1,5 personne par voiture, on réduirait le volume de trafic et la consommation d’énergie de presque un tiers, selon les calculs de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN).

«Comme nous ne voulons pas toujours construire de nouvelles routes, nous devons essayer de mieux utiliser les infrastructures existantes, plaide Christoph Schreyer, chef de la Mobilité à l’OFEN, dans le journal dominical alémanique. Le covoiturage est un moyen simple qui peut avoir un effet important.»

Des freins psychologiques

Mais comment relever ce défi? De premiers ateliers ont permis de dégager quelques pistes. En matière de stationnement dans les villes, les pendulaires circulant avec des passagers pourraient obtenir les meilleures places de parc ou des tarifs préférentiels. Ou même déduire davantage de frais de transport au moment de remplir leur déclaration d’impôt. De leur côté, les entreprises pourraient accorder d’autres avantages aux adeptes de covoiturage. La plate-forme Avenir Mobilité, qui réunit notamment le groupe Coop, La Poste, Swisscom, les CFF, IBM et Siemens, a d’ailleurs participé aux discussions. Le concept national devrait être dévoilé d’ici à la fin de l’année.

«Cela va dans le bon sens, mais je trouve dommage que Berne ne fasse pas un état des lieux, pour s’inspirer de ce qui fonctionne déjà», réagit Jean-François Wahlen. Ce Vaudois a fondé en 2004 le site e-covoiturage.ch, qui met en lien gratuitement des pendulaires désireux de faire la route ensemble. Il compte aujourd’hui près de 28 000 utilisateurs, dont deux tiers en Suisse romande. Outre-Sarine, la plate-forme lucernoise hitchhike.ch revendique plus de 4000 membres.

Pour faire décoller ces statistiques, des mesures incitatives ne suffiront pas, estime Jean-François Wahlen. Deux obstacles fondamentaux doivent être surmontés, selon lui. Ils sont d’ordre psychologique: voyager avec quelqu’un qu’on ne connaît pas et ne pas être certain de pouvoir effectuer le trajet du retour au moment convenu. «Il faut investir massivement dans la communication et informer les gens de solutions sécurisées qui existent.» Ce qui suppose des moyens qu’un particulier comme lui n’a pas. Aux yeux de Jean-François Wahlen, la mobilité partagée devrait être considérée comme un service public et soutenue comme tel.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.