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Plainte contre un ex-milicien libérien classée

Alieu Kosiah est détenu depuis novembre 2014 en Suisse dans le cadre d'une procédure pour crimes de guerre. L'ex-milicien libérien ne sera pas jugé pour massacre.

Le Tribunal pénal fédéral a débouté la plaignante car elle n'avait pas assisté au massacre.
Le Tribunal pénal fédéral a débouté la plaignante car elle n'avait pas assisté au massacre.

Le Tribunal pénal fédéral confirme le classement de la plainte pour massacre déposée par une Libérienne contre le commandant Alieu Kosiah. Ce dernier est détenu depuis novembre 2014 en Suisse dans le cadre d'une procédure pour crimes de guerre.

En août 2016, la plaignante a dénoncé auprès du Ministère public de la Confédération (MPC) les faits survenus lors de l'irruption de miliciens du Mouvement uni de libération pour la démocratie (ULIMO) dans son village. Les soldats avaient emmené 25 villageois, parmi lesquels son père et son frère, qui avaient été retrouvés décapités quelques heures plus tard.

Dans sa plainte, la femme, âgée de 15 ou 16 ans lors des faits, accusait le commandant d'être responsable du massacre. Selon elle, celui que ses hommes appelaient «Général Kosiah» y avait directement participé, l'avait ordonné ou laissé faire.

Le MPC a cependant classé cette dénonciation après avoir entendu la plaignante et procédé à l'audition de nombreuses personnes dans le cadre de l'enquête menée contre le Libérien.

Doutes

Dans une décision publiée lundi, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral se rallie à la position du MPC. Elle relève que la femme n'a pas assisté au massacre. Vu le délai de plusieurs heures qui s'est écoulé entre le départ du village et la découverte des corps, il n'est pas exclu que d'autres miliciens soient intervenus.

Enfin, les juges estiment qu'étant donné les circonstances, il est peu probable que des investigations supplémentaires permettent de lever les doutes sur l'implication d'Alieu Kosiah.

Le MPC a ouvert à fin août 2014 une instruction pour crimes de guerre contre l'ancien commandant à la suite de la plainte de sept victimes de la guerre civile au Libéria, représentés notamment par l'association genevoise Civitas Maxima. Alieu Kosiah a été arrêté le 10 novembre 2014 à Berne où il vivait depuis plusieurs années. Depuis, sa détention provisoire a été régulièrement prolongée.

Acte d'accusation

Le 22 mars 2019, le MPC a déposé un acte d'accusation devant le Tribunal pénal fédéral. Alieu Kosiah est accusé, en tant que membre d'une faction armée, d’avoir ordonné de tuer, tué lui-même ou participé aux meurtres de civils et de soldats hors de combat entre mars 1993 et fin 1995.

Le Libérien est également accusé d'avoir profané le corps d’un civil défunt en mangeant son coeur, violé une civile, ordonné le traitement inhumain de civils, recruté et utilisé un mineur comme enfant-soldat. Le MPC l'accuse encore d'avoir ordonné plusieurs pillages et ordonné et/ou participé à des transports forcés de biens et de munitions par des civils.

Les quatorze années de guerre civile au Liberia (1989-1996 et 1999-2003) ont fait 300'000 tués et des centaines de milliers de déplacés, ravagé le pays et détruit la quasi-totalité des infrastructures. Les combattants ont été accusés des plus cruelles tueries et atrocités, mutilations, viols et actes de cannibalisme.

Pour sa part, l'ULIMO a combattu le Front national patriotique du Liberia (NPFL) de l'ex-président Charles Taylor durant la première guerre civile libérienne. Les deux groupes se disputaient notamment les mines de diamants des districts de Lofa et de Bomi. (dossiers BB.2019.106 et BB.2019.47 du 7 novembre 2019)

(ats)

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