PLR cherche candidat(e) pour escorter sa favorite sur le ticket

Course au Conseil fédéralLe parti reste suspendu à la décision de Karin Keller-Sutter. En attendant, le réservoir des papables se vide.

Karin Keller-Sutter est considérée comme la favorite pour succéder à Johann Schneider-Ammann.

Karin Keller-Sutter est considérée comme la favorite pour succéder à Johann Schneider-Ammann. Image: Keystone

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Karin Keller-Sutter se lancera-t-elle dans la course à la succession de Johann Schneider-Ammann? Depuis la démission du conseiller fédéral PLR, toute la Berne fédérale se pose la question. La Saint-Galloise est à ce point considérée comme la favorite que les autres candidats potentiels renoncent les uns après les autres. Mardi, c’était le sénateur appenzellois Andrea Caroni. Plus tôt, la ministre zurichoise Carmen Walker Späh et la présidente du PLR Petra Gössi (SZ) avaient fait de même.

«Le fait que le nom de Karin Keller-Sutter soit cité partout ne pousse pas les autres papables à se lancer, reconnaît le sénateur PLR Raphaël Comte (NE). Évidemment, ce serait mieux d’avoir un large choix. Mais au final, on n’a besoin que d’une personne pour le poste, et surtout que ce soit la bonne. Je préfère la qualité à la quantité.» Son collègue du National, Hans-Peter Portmann (ZH), est du même avis. «Ce n’est pas un problème si la majorité du parti souhaite que ce soit elle. Et je pense que c’est le cas.»

Des porteurs d’eau

Les deux élus ont beau minimiser les choses, on sent toutefois un malaise. Tous les autres partis ont en effet annoncé vouloir un choix, et le PLR lui-même a affirmé qu’il allait le leur offrir. Il a même déjà promis une tournée de ses candidats dans toute la Suisse, à l’image de ce qu’il avait organisé avec Ignazio Cassis, Isabelle Moret et Pierre Maudet l’an dernier. Voilà qui ne facilite pas les choses pour les papables potentiels. La course au Conseil fédéral est exigeante et chronophage. Difficile de s’exposer à ce point si on n’a pas la conviction d’avoir une chance de gagner. À ce niveau, rares sont les politiciens qui acceptent le rôle de simple porteur d’eau.

C’est pourquoi le parti cravache pour trouver quelqu’un qui accepte de relever le défi. Certains élus y réfléchissent, à l’image de la conseillère nationale Regine Sauter (PLR), directrice de la Chambre économique du canton de Zurich. Le sénateur Martin Schmid (PLR/GR), souvent cité comme opposant le plus sérieux à Karin Keller-Sutter, n’a pas encore donné sa réponse (lire l’encadré).

Hans-Peter Portmann, lui, n’a pas encore dit non. Serait-il prêt à être un candidat alibi? «S’il n’y avait pas Karin Keller-Sutter, je ne pense pas qu’on parlerait de candidature alibi, répond le Zurichois. Mais je ne nie pas que, dans la configuration où il faut que quelqu’un soit à disposition, il y a une certaine notion du sacrifice.»

Un ticket unique

Compte tenu de cette situation, le PLR ne devrait-il pas changer de stratégie et ne proposer qu’une personne? «Il faudrait alors blinder cette option avec les autres partis, répond Hans-Peter Portmann. Un ticket à un seul nom, c’est la porte ouverte aux candidatures sauvages.»

Le parti a-t-il envisagé cette stratégie? «Le PLR a dit qu’il offrirait un choix, répond Hugues Hiltpold (GE), vice-président du groupe. Il n’est pas question d’imposer quelqu’un. Je ne doute d’ailleurs pas que des candidatures vont émerger. Nous sommes encore loin du délai donné pour s’annoncer.» Le PLR a-t-il anticipé l’option d’un renoncement de Karin Keller-Sutter? «Le parti a assez de ressources. Mais une fois encore, le délai n’est pas terminé.»

Créé: 03.10.2018, 21h11

L’élu qui fait de l’ombre à Keller-Sutter



Martin Schmid, 49 ans,conseiller aux États (PLR/GR)

La bonne personne, mais au mauvais moment. S’il n’y avait pas la pression d’élire une femme, Martin Schmid n’hésiterait sans doute pas à se lancer pour succéder à Johann Schneider-Ammann. Peu connu en Suisse romande, le sénateur grison est, à 49 ans, un des politiciens les plus influents à Berne.

Il fait parti des surdoués de la politique. À 25 ans, il pousse les portes du parlement cantonal. À 33 ans, celles du gouvernement grison. Il y dirigera le Département de la sécurité et de la santé avant de reprendre celui des Finances. «C’était un ministre respecté et apprécié», se souvient Adrian Camartin, journaliste à la Radio romanche.

À 42 ans, il accède au Conseil des États. Avec Stefan Engler (PDC/GR) – qui était lui aussi au Conseil d’État –, il forme un duo efficace. Très vite, on parle d’eux pour le Conseil fédéral. Si l’étoile de Stefan Engler pâlit cet été à cause du scandale du cartel des constructions qui secoue le canton, l’image de Martin Schmid n’est pas éclaboussée. «Ce n’était pas son dicastère», rappelle Adrian Camartin.

Sous la Coupole, ce bon vivant est apprécié pour son côté jovial. «Il a toujours le sourire et va au contact des gens», apprécie Olivier Français (PLR/VD). «Il a aussi la réputation d’être un grand travailleur», ajoute Raphaël Comte (PLR/NE).

Cheveux en brosse et lunettes sur le nez, Martin Schmid a un côté Harry Potter, il n’en est pas moins redoutable sur les dossiers. Il s’illustre notamment dans l’application modérée de la Lex Weber. Mais le Grison est aussi actif dans la puissante Commission de l’économie. Il faut dire que l’homme est un roi des lobbys: 13 conseils d’administration et 4 comités, dont EconomieSuisse. Un palmarès auquel s’ajoute la fondation des hôpitaux grisons et des liens avec l’Université de Saint-Gall, où il a étudié.

Sur le plan privé, Martin Schmid vit entre Coire et le petit village de montagne de Splügen. Avec sa partenaire, ils ont trois enfants. Bien qu’il ne maîtrise pas aussi bien les langues que Karin Keller-Sutter, son profil assez similaire en fait son adversaire le mieux positionné. «Il ne se lancera pas si elle est candidate, et inversement, confie un sénateur qui les connaît bien. Ils se mettront d’accord avant, entre quatre yeux.»

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