Stratégie énergétique 2050: le PLR dit «oui»

SuisseLes délégués ont voté samedi en assemblée à Fribourg, par 175 voix contre 163, et 5 abstentions leur soutien au Conseil fédéral en matière d'énergie.

Didier Burkhalter en plein discours à l'assemblée du PLR ce samedi 4 mars.

Didier Burkhalter en plein discours à l'assemblée du PLR ce samedi 4 mars.

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Le PLR suisse soutient du bout des lèvres la stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral.

Cette stratégie vise un tournant vers une Suisse sans énergie nucléaire. Un premier paquet sera soumis au peuple le 21 mai à la suite du référendum de l'UDC. Aucune nouvelle centrale ne serait construite. L'énergie de l'atome serait progressivement remplacée par celle produite par le vent, le soleil, l'eau ou les déchets. Ménages et entreprises devraient réduire leur consommation d'énergie.

Le PLR s'était déjà montré divisé sur cette stratégie, tant lors des débats aux Chambres fédérales l'automne passé, que dans la conférence des présidents des partis cantonaux récemment. La présidente du PLR Petra Gössi y est elle-même opposée. Samedi, elle a demandé que les débats se déroulent dans la sérénité: «Montrez-vous passionnés, certes, mais équitables. Pas de coups bas».

De fait, les intervenants ont argumenté avec vigueur. Les partisans du projet ont vanté son pragmatisme et ses perspectives d'innovation, tandis que les opposants dénonçaient un bricolage, coûteux en taxes pour les entreprises et la population.

«Pragmatique»

Ce projet est «un compromis pragmatique», a argumenté le conseiller aux Etats zurichois Ruedi Noser. Le projet initial du Conseil fédéral a été «revu et corrigé», a-t-il rappelé. Il a appelé à ne pas laisser les partisans du référendum être maîtres du jeu.

Selon lui, l'économie et la population profiteront de cette stratégie qui maintiendra et créera des emplois en Suisse. Investissements et innovation stimuleront la production d'énergie locale, et la remise à niveau des bâtiments sera encouragée.

Le conseiller national fribourgeois Jacques Bourgeois a dit tout le bien qu'il pense de ce paquet «innovatif, qui va dans le sens du développement technologique et économique». En cas de non, la Suisse risque de «rester sur le quai» et de laisser passer les opportunités.

«Bricolé»

«Il ne faut pas confondre innovation et subventions», a rétorqué le Bernois Christian Wasserfallen, salué par des applaudissements. La Zurichoise Doris Fiala a déploré que des collègues aient changé leur fusil d'épaule car la conseillère fédérale «Doris Leuthard a su faire miroiter des subventions» au monde économique.

Doris Fiala a critiqué une loi «bureaucratique et inefficace» qui rendra l'énergie plus chère. De son côté, le conseiller national genevois Benoît Genecand a dénoncé «un projet bricolé, dans le contexte de l'émotion post-Fukushima».

Quant au conseiller fédéral Didier Burkhalter, il ne s'est guère épanché sur le sujet. Il a rappelé que selon le Conseil fédéral, la stratégie 2050 est la bonne réponse aux défis de la politique énergétique: un approvisionnement sûr, bon marché et durable pour le pays.

Façonner la mondialisation

Le chef du Département fédéral des affaires étrangères a axé son discours sur les craintes et les opportunités liées à la mondialisation. Conflits géopolitiques, remise en question des valeurs libérales et montée du nationalisme sont des signes préoccupants, a-t-il souligné.

Mais la Suisse peut contribuer à la paix et à la sécurité, s'employer à façonner la mondialisation pour qu'elle réponde aux besoins concrets des êtres humains. La demande pour ses bons offices est en hausse. Rien que cette semaine, elle a accepté deux nouveaux mandats de médiation: l'un au Mozambique et l'autre en Colombie.

Avec l'Union européenne, il faut tourner la page et en écrire une autre pour des relations étroites et stabilisées. Concernant la politique extérieure américaine, les spéculations vont bon train et chaque tweet donne lieu à des conjectures qui relèvent plutôt de l'art divinatoire, a commenté Didier Burkhalter.

Certaines choses deviennent plus claires, comme la réaffirmation par les États-Unis de leur attachement à l'OTAN et à la sécurité européenne. Dans d'autres domaines, il faut encore attendre. (ats/nxp)

Créé: 04.03.2017, 12h49

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