«Le PLR doit mettre une femme sur son ticket»

Conseil fédéralPour les Verts, la question de l’égalité des sexes doit être posée dans le cadre de la succession de Didier Burkhalter.

La conseillère nationale bernoise Regula Rytz est la présidente du parti écologiste.

La conseillère nationale bernoise Regula Rytz est la présidente du parti écologiste. Image: Keystone

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Après une traversée du désert, les Verts retrouvent des couleurs. Un succès que leur présidente, Regula Rytz, analyse notamment comme une réaction anti-Trump. Alors que le PLR tessinois ne devrait présenter qu’une seule candidature et que ni les Vaudois ni les Genevois n’ont fermé la porte, la Bernoise se confie aussi sur ses attentes vis-à-vis du futur conseiller fédéral. Interview.

Les Verts vont-ils lancer un candidat dans la course?
C’est trop tôt pour se prononcer. La démission de Burkhalter a pris tout le monde de court. La direction des Verts doit encore se réunir pour évoquer la suite. Nous attendons toutefois du PLR qu’il nous présente un véritable choix. Avec Schneider-Ammann, le parti a un représentant de l’aile libérale sur les questions économiques. Burkhalter est, lui, d’une ligne plus radicale, humaniste et ouverte sur le monde. Nous attendons des candidatures de ce type. Nous n’allons pas donner un chèque en blanc au PLR

Une femme doit-elle figurer sur le ticket?
Absolument. L’égalité est un thème essentiel pour notre parti, qui a été le premier à élire une femme à sa présidence. Il n’y a plus que deux conseillères fédérales, et si Leuthard, doyenne du gouvernement, s’en va, il n’y en aura plus qu’une. C’est donc le moment d’avoir cette discussion, car un équilibre entre les sexes est important. D’ailleurs, lorsqu’il connaissait quatre femmes, le Conseil fédéral s’est montré très progressiste. Cette majorité avait décidé de la sortie du nucléaire. Et grâce à l’engagement des Verts, la population l’a validée.

Ce critère lié au sexe est-il plus important qu’une représentation du Tessin?
Il ne faut pas faire de hiérarchie. La représentation du Tessin est importante, le facteur femme aussi, mais il y a d’autres critères encore. Le candidat doit faire preuve d’ouverture sur les questions sociales et écologiques. Si le PLR trouve une femme tessinoise qui a ces caractéristiques, tant mieux.

Ignazio Cassis est cité comme favori. Aurait-il votre soutien?
Le grand problème avec sa candidature, ce sont ses liens avec les assureurs maladie et sa position conflictuelle sur la réforme des retraites. S’il est retenu comme candidat, nous allons l’interroger sur son positionnement, son respect des institutions et sa vision de l’Etat. Plus généralement, le lobbyisme, que l’on trouve surtout à droite, est une menace pour la démocratie. Ce qui se passe au parlement n’est plus sain. La transparence doit être instaurée sur les revenus parlementaires liés aux lobbies.

Mais vous faites aussi du lobbyisme pour les organisations écologistes!
Oui, mais elles ne me paient pas. C’est là toute la différence. Quand je travaille avec les membres de Greenpeace pour une meilleure protection du climat, ce n’est pas pour de l’argent, mais pour un monde meilleur pour les générations futures.

A terre en 2015, les Verts gagnent à nouveau. Comment l’expliquez-vous?
En 2015, l’agenda politique était dicté par l’UDC, qui avait réussi à imposer l’asile comme thème prédominant. Ce quasi-monopole a empêché d’autres thèmes d’émerger, comme l’écologie ou les droits humains. Aujourd’hui, ce contexte a changé. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump a montré que le respect des minorités, la protection de l’environnement ou du climat n’étaient pas acquis et qu’il fallait lutter pour les conserver. Il est logique que les Verts, parti le plus crédible sur ces thèmes, soient renforcés dans cette situation. D’ailleurs, les Verts gagnent aussi ailleurs en Europe.

Votre succès, c’est une réaction anti-Trump?
Ses décisions entraînent une repolitisation qui nous profite. Mais ce n’est pas la seule raison. Avant son élection surprise, les Verts avaient déjà remporté des succès dans des villes alémaniques et aux élections communales vaudoises. Nous avons été portés par nos initiatives. Avec l’économie verte et la sortie du nucléaire, nous avons remis l’écologie à l’agenda politique et l’avons dominé en 2016. Nous avons aussi trouvé de nouvelles formes de collaboration avec certains pans de l’économie comme swisscleantech. Notre image a changé.

Voyez-vous un lien entre le succès des Verts et la fin de la coprésidence avec Adèle Thorens?
Pas du tout. Adèle Thorens a au contraire joué un rôle important dans nos deux dernières initiatives. Notre succès est aussi lié à l’important travail de fond que nous avons mené ensemble. Lorsque nous avons repris cette coprésidence en 2012, la base était déboussolée par nos mauvais résultats de 2011. Il a fallu réunir les différentes ailes du parti, mieux tenir compte des sensibilités linguistiques et renforcer les sections. Nous récoltons les fruits de ce travail.

La Suisse va sortir de l’atome. Quel combat vous reste-t-il?
La sortie du nucléaire est prévue par la Stratégie énergétique, mais il faut encore la concrétiser. Nous devons nous assurer que les centrales seront débranchées suffisamment tôt et nous battre pour que les fonds nécessaires soient disponibles pour la désaffection et le traitement des déchets. Très vite, nous devrons nous pencher sur la protection du climat avec la révision de la loi sur le CO2. Les Verts entendent aussi s’engager sur le thème de la digitalisation de l’économie et ses conséquences pour les gens. Notre parti a toujours été visionnaire – nous étions les seuls à nous engager en faveur du revenu de base inconditionnel – et nous voulons le rester.

Créé: 30.06.2017, 21h16

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